La livre sterling recule, l’économie britannique s’est contractée au deuxième trimestre

Xavier Trudeau
Août 11, 2019

Le produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni s'est contracté de 0,2% au deuxième trimestre après un premier trimestre il est vrai vigoureux (+0,5%), selon la première estimation de l'Office des statistiques nationales, précisant que sur un an, le taux de croissance du PIB s'est élevé à 1,2% entre avril et juin.

"Si les chiffres du PIB représentent un coup d'oeil dans le rétroviseur, l'horizon n'est guère plus réjouissant dans la mesure où les chances d'un Brexit sans accord se sont renforcées avec le gouvernement de Boris Johnson", a analysé Joe Manimbo de Western Union. Cette baisse est en partie due à une perturbation dans la gestion des stocks des entreprises face au départ de l'UE. Comme ce départ a été repoussé, les sociétés ont écoulé ces stocks supplémentaires au printemps et ont, de surcroît, diminué leurs investissements.

Malgré cette baisse du PIB au deuxième trimestre, le Royaume-Uni n'est toutefois pas en récession car il faudrait pour cela deux trimestres consécutifs de repli. En rythme annuel, la croissance économique ressort à +1,2% contre +1,4% attendu.

"Il est vital que le gouvernement fasse tout pour éviter un Brexit sans accord", ont clamé les Chambres de commerce britannique après la publication des données sur la croissance.

Boris Johnson, le 13 juillet, à Braintree, lors de sa campagne pour le poste de premier ministre afin de conduire son pays au Brexit.

"Ces stocks ont été réduits au deuxième trimestre, ce qui a frappé le secteur manufacturier, accompagné d'une demande en berne dans la construction et un secteur des services affaibli", a-t-il ajouté.

De nombreuses entreprises s'étaient en effet organisées en pensant que le Brexit aurait bien lieu, comme prévu, le 29 mars.

L'économie britannique recule pour la première fois depuis 2012. D'autres secteurs manufacturiers ont été touchés et, au final, la production industrielle a diminué de 1,4%. Il s'agit de loin du pan le plus important de l'économie britannique, avec de puissants secteurs comme la finance, la distribution et les transports, qui fournissent habituellement de vrombissants moteurs pour l'activité.

Vers 21h, la livre perdait 0,89% face à la devise européenne, à 92,97 pence pour un euro, son plus bas niveau en trois ans.

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