La radioactivité a dépassé jusqu'à 16 fois le niveau habituel

Xavier Trudeau
Août 13, 2019

Selon des experts américains, l'accident est vraisemblablement lié aux essais d'un missile de croisière à propulsion nucléaire dont la Russie cherche à se doter, le 9M730 "Bourevestnik". Sa sécurité sera entièrement assurée. Le même jour, le service météorologique national a précisé à l'agence de presse Tass que les taux de radiation avaient augmenté entre 4 et 16 fois dans la ville de Severodvinsk peu après l'explosion qui s'est produite sur une plateforme maritime et a projeté plusieurs employés à la mer.

La base où est survenue l'explosion, ouverte en 1954 et spécialisée dans les essais de missiles de la flotte russe, notamment des missiles balistiques, est située près du village de Nionoska, dans le Grand Nord.

Ces taux ne présentent pas de risques pour la santé, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estimant par exemple que les risques de cancer peuvent augmenter à partir de 50.000 microsieverts reçus et l'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français recommandant une mise à l'abri des populations à partir de 10.000 microsieverts. L'explosion a fait cinq morts.

Depuis, le bilan officiel de l'explosion a été revu à la hausse.

La ville fermée de Sarov, qui accueille le principal centre de recherches nucléaires russe, a décrété dimanche une journée de deuil, et les cinq spécialistes tués seront décorés à titre posthume après leurs funérailles, lundi. Selon elle, ils travaillaient sur "de nouveaux armements" et fournissaient de l'ingénierie et un soutien technique pour "la source d'énergie isotopique" du moteur d'un missile en train d'être mis au point. "Nous avons une technologie similaire, mais plus avancée ". "Ce qui s'est passé était imprévisible", a de son côté déclaré Alexander Chernishev, directeur scientifique de ce centre. "Nous n'avons pas de programme de missile de croisière à propulsion nucléaire", a répliqué, lui aussi sur Twitter, l'expert américain Joe Cirincione. Cet "oiseau de tempête" (en russe), aussi nommé SSC-X-9 Skyfall par l'OTAN, serait capable de surmonter quasiment tous les systèmes d'interception et disposerait d'une "portée illimitée".

La Russie et les États-Unis se sont retirés le 2 août dernier du traité de désarmement nucléaire INF. Après ce retrait, le ministère de la défense américain a annoncé la poursuite du "développement de missiles sol-air dans une réponse prudente aux actions de la Russie".

"Les États-Unis en ont appris beaucoup sur l'explosion d'un missile défectueux en Russie".

" Voilà qui est bizarre".

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