La ville d’Eskilstuna instaure un permis de mendier — Suède

Claudine Rigal
Août 8, 2019

À Eskilstuna, pour demander une pièce, les plus déshérités devront désormais avoir acheté un permis en bonne et due forme. Une mesure qui suscite des grincements de dents.

Depuis le 1 août, l'agglomération de 100 000 habitants à l'ouest de Stockholm impose à tout mendiant de s'acquitter d'un permis délivré par les autorités, rapporte le journal suédois Dagens Nyheter.

Les personnes souhaitant l'obtenir doivent présenter une carte d'identité et remplir un formulaire disponible en ligne ou au commissariat.

Toujours selon Franceinfo, huit permis de mendier auraient déjà été demandés, mais aucun n'a encore été attribué par la police chargée de traiter les demandes. S'il est surpris à mendier sans permis, le contrevenant s'expose à une amende de 4 000 couronnes suédoises (environ 370 euros).

Un conseiller municipal de la ville cité par le Guardian assume une "bureaucratisation" de la mendicité qui a pour but de "la rendre plus difficile", mais aussi de la "régulariser" à défaut de pouvoir l'empêcher. "On verra où cela nous mène", a-t-il précisé, espérant que ce système obligera les sans-abri à prendre contact avec les pouvoirs publics et, en particulier, les services sociaux.

La mesure en surprendra plus d'un, mais elle est tout ce qu'il y a de plus officiel. Thomas Lindroos, de l'organisme de charité de Stadmission, craint notamment que des gangs criminels pourraient en profiter pour avancer les frais du permis aux mendiants avant de leur réclamer des remboursements exorbitants.

Argument que réfute Jimmy Jansson: "L'idée n'est pas de harceler des personnes vulnérables mais d'essayer de répondre à la question plus importante: pense-t-on que la mendicité doit être normalisée et intégrer au modèle suédois de protection sociale".

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