Le randonneur français Simon Gautier retrouvé mort — Italie

Claudine Rigal
Août 21, 2019

Simon Gautier était parti le jeudi 8 août pour plusieurs jours de randonnée le long du Golfe de Policastro. Il comptait remonter en solitaire cette côte qui alterne plages et falaises, peut-être jusqu'à Naples, 200 km plus au nord. Présenté comme sportif et organisé, il avait envoyé à des proches une photo de son sac.

D'abord peu nombreux, les spécialistes (pompiers, secours alpins, équipes cynophiles) étaient une centaine à pied d'oeuvre dimanche, neuf jours après la disparition de Simon Gautier, avec un hélicoptère et des drones. Lancé en 2014 au Royaume-Uni, ce système vise à donner directement la localisation de l'appelant lorsque ce dernier compose un numéro d'urgence sur son smartphone. Il était tombé dans un ravin, dans une zone très escarpée et à risque. "Au milieu de nulle part, sur la côte", a-t-il soufflé.

Une dizaine de secouristes alpins sont appelés en renfort le samedi matin.

Les enquêteurs ont ensuite dû éplucher les appels passés via l'antenne téléphonique la plus proche, et glaner des indications auprès des proches du randonneur, pour restreindre la vaste zone des recherches. Il n'a pas pu préciser près de quel village il se trouvait.

L'étudiant reste introuvable. Les carabiniers mènent leur enquête en parcourant les images de vidéosurveillance, en retrouvant des témoins.

Dans les villages du Cilento comme dans les médias italiens, la polémique enflait mardi après la découverte du corps de Simon dimanche soir. "Fallait-il cette mort éclatante pour éveiller les consciences?", s'interrogeait le site d'information local Positano News, évoquant d'autres exemples locaux où une géolocalisation compliquée a tragiquement retardé les secours. Dans l'après-midi, une messe en plein air est dite pour les secours et le jeune homme, dans le village le plus proche. Toutefois, lorsque son corps a été retrouvé, son sac à dos et son téléphone se situaient quatre à cinq mètres au-dessus de lui, hors de sa portée.

Les secouristes sont parvenus à récupérer son corps lundi matin, avant de le transporter vers un hôpital de Sapri en vue de son autopsie, rapporte LCI. Il serait mort au maximum dans l'heure qui a suivi sa chute.

Après sa chute, le jeune homme de 27 ans avait appelé le numéro d'urgence 118 depuis son téléphone portable. Le corps du randonneur présentait ainsi de graves blessures aux jambes, mais sa tête ne semblait pas avoir été touchée, a précisé une source au sein de la gendarmerie italienne. Une autopsie devrait être menée pour examiner les causes de la mort, afin de déterminer en particulier si une mobilisation plus rapide et plus massive des secours aurait pu le sauver.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL