Les livreurs Deliveroo demandent aux clients de boycotter la plateforme ce mercredi

Xavier Trudeau
Août 10, 2019

Ces plateformes règnent sur un véritable "Far West" en ayant recours à des indépendants qui sont dépendants à tout point de vue.

Il y a quelques jours, l'entreprise a informé ses employés que le tarif des courses les plus courtes serait réduit, pour augmenter celui des courses les plus longues, délaissées par les coursiers car peu rentables.

A Bordeaux, le tarif de certaines livraisons est loin des 4,50 euros minimum fixés jusqu'à présent.

" Avant je faisais environ 100 euros par jour pour 8 heures de travail, maintenant c'est 80 ", explique Aboubakar (les prénoms ont été modifiés, NDLR) venu avec son vélo place de la République.

Ce changement de tarification a été décidé "de manière unilatérale, sans aucune consultation des livreurs", dénonce Jean-Daniel Zamor, président du Collectif des livreurs autonomes de Paris (CLAP), interrogé par RT France.

De son côté, la plateforme explique que ces nouveaux tarifs valorisent au contraire les courses longues distances, celles plus rémunératrices et parle donc d'une bonne nouvelle pour les livreurs. "Cela précarise tout le secteur ". Cette nouvelle grille des tarifs entraîne, selon eux, une baisse de leur salaire. Elle ajoute que " ceux qui appellent au boycott ne sont pas des livreurs Deliveroo et ne les représentent pas", les accusant d'essayer " maintenant d'empêcher les livreurs de gagner leur vie ".

Deliveroo balaie également les accusations qui lui ont été faite d'esclavagisme moderne. "On leur demande, juste aujourd'hui, de ne pas commander à Deliveroo (...) par soutien au mouvement", avait-il déclaré à l'AFP.

Les livreurs de Deliveroo comptent mener une action nationale le week-end prochain. Ils seront par exemple en grève samedi 10 août dans la capitale et le lendemain à Grenoble (Isère). J'en appelle donc au bon sens des consommateurs pour ne pas cautionner les dérives actuelles de certaines plateformes. La plateforme précise dans un communiqué que la majorité des livreurs sont des étudiants qui travaillent en moyenne 15 heures par semaine "et gagnent 13 euros par heure de connexion à l'application, soit 30% de plus que le SMIC brut horaire".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL