Les livreurs demandent aux consommateurs de boycotter la plateforme — Deliveroo

Xavier Trudeau
Août 13, 2019

Ils étaient plusieurs dizaines à se rassembler place de la République à Paris, le 7 août, pour faire entendre leur mécontentement: des livreurs de Deliveroo s'insurgent contre la modification de la grille tarifaire décidée par la plateforme de livraison de plats à domicile. Le point sur la situation. Pour la troisième fois, les livreurs parisiens manifestent pour dénoncer la décision de la plateforme de baisser les tarifs des courses les plus courtes et augmenter celui des courses longues.

Selon le journal Le Monde, si sur le papier la rémunération brute est supérieure au smic horaire, une fois la cotisation au régime social des indépendants retranchée et le coût des outils de travail déduit (téléphone, vélo, deux roues motorisé), le salaire est amputé de 40% pour ces livreurs auto-entrepreneurs qui n'ont droit ni au chômage ni aux congés payés. Deliveroo a également supprimé le tarif minimal de 4 euros 70 qui s'applique notamment à Paris. Ils travaillent en moyenne 15 heures par semaine et gagnent 13 euros par heure de connexion au site.

Ce changement de tarification a été décidé "de manière unilatérale, sans aucune consultation des livreurs", dénonce Jean-Daniel Zamor, président du Collectif des livreurs autonomes de Paris (CLAP), interrogé par RT France. "Cela précarise tout le secteur".

Pourtant, le plateforme fait la sourde oreille et affirme que "ceux qui appellent au boycott ne sont pas des livreurs Deliveroo et ne les représentent pas". Les livreurs souhaitent informer les clients et les restaurateurs de leurs conditions de rémunération, régulièrement revues à la baisse, qui les poussent à rouler toujours plus vite et à prendre toujours plus de risques sur la route.

Les livreurs refusent les commandes et vont à la rencontre des restaurateurs pour leur demander d'éteindre la tablette qui leur permet de recevoir les commandes de la plateforme.

Si la mobilisation reste encore discrète depuis le début du mois, France 3 rappelle que le système économique utilisé par Deliveroo, qui est le même qu'Uber ou Foodchéri par exemple, a récemment été condamné par la justice en Espagne.

Une autre grève des livreurs est prévue ce samedi 10 août à Paris et à Bordeaux. D'autres grandes villes comme Marseille ou Nantes devraient se joindre au mouvement ce week-end.

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