Les manifestants maintiennent la pression, la mobilisation se poursuit — Hong Kong

Xavier Trudeau
Août 12, 2019

"L'objectif, c'est d'occuper différents quartiers de la ville pour montrer que Hong Kong tout entier est mobilisé contre l'exécutif et que leurs revendications concernent absolument tout le monde", explique Antoine Védeilhé, correspondant de France 24 à Hong Kong.

Alors que des manifestants pro-démocratiques organisent un sit-in de trois jours, du 9 au 11 août, à l'aéroport international de Hong Kong, le gouvernement communiste chinois s'en prend à la compagnie hongkongaise Cathay Pacific, en interdisant au personnel ayant participé à des manifestations à survoler l'espace aérien chinois.

Les autorités ont aussi interdit une deuxième manifestation qui a débuté également dimanche après-midi avec plusieurs milliers de participants dans le quartier ouvrier de Sham Shui Po à Kowloon.

À la tombée du jour, en guise de provocation, ils ont fait luire des rayons laser bleus sur la façade du poste alors que la police brandissait une pancarte les exhortant à se disperser.

La police a autorisé le rassemblement dans le Victoria Park mais pas la marche prévue à partir de là en direction de l'est de l'île de Hong Kong.

Samedi soir, la police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogènes et arrêté 16 personnes, mais les manifestants sont parvenus dans l'ensemble à éviter des confrontations musclées comme celles qui ont eu lieu ces dernières semaines.

Née du rejet d'un projet de loi controversé de l'exécutif hongkongais pro-Pékin qui voulait autoriser les extraditions vers la Chine, la mobilisation a considérablement élargi ses revendications avec, en ligne de mire, le pouvoir central chinois.

Les militants prodémocratie demandent l'élection d'un successeur de Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif, au suffrage universel direct, et non sa désignation par Pékin, comme c'est le cas actuellement.

Ils exigent aussi une enquête sur les violences dont ils accusent la police et l'abandon pur et simple du projet de loi controversé, officiellement suspendu. "Je ne crois pas que nous devrions faire des concessions dans le but de faire taire les manifestants auteurs de violences", a déclaré Carrie Lam lors d'une conférence de presse surprise, deux mois jour pour jour après le début de la mobilisation.

Faye Lai, employée dans un théâtre, avec sa nièce de trois ans en poussette, a déclaré manifester dans l'espoir que ce rassemblement aide les plus jeunes à comprendre la crise qui secoue Hong Kong depuis plus de deux mois. "Que le rassemblement soit illégal ne nous inquiète pas beaucoup (.)". "Nous devons "être comme de l'eau" pour éviter les coups", a-t-il ajouté.

Depuis hier, des milliers de Hongkongais participent à un sit-in à l'aéroport international pour sensibiliser les visiteurs étrangers à leur cause.

Carrie Lam a exclu vendredi toute concession aux manifestants, tout en mettant en garde contre le risque d'une grave crise économique engendrée par leur mouvement.

Carrie Lam a reçu dans cette crise un soutien total de Pékin, qui a musclé son discours et intensifié ses menaces à l'égard des manifestants.

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