L'IGPN répond aux critiques dans un entretien à Libération — Mort de Steve

Xavier Trudeau
Août 5, 2019

Dans un entretien à Libération publié ce dimanche soir, Brigitte Jullien, directrice de l'Inspection générale de la police nationale et David Chantreux, chef de l'unité de coordination des enquêtes affirment n'avoir "jamais eu la volonté de blanchir qui que ce soit" . Dans la nuit du 21 au 22 juin, cette intervention s'était soldée par la chute de fêtards dans la Loire. Ces dernières n'établissent aucun lien direct entre l'intervention des forces de l'ordre lors de la Fête de la musique et la chute d'une quinzaine de personnes dans la Loire. On dit simplement qu'on n'a pas établi un lien avec les moyens d'une enquête administrative", poursuit David Chantreux, avant d'ajouter: " et ce ne sont pas des moyens de police judiciaire. "L'enquête judiciaire, par des perquisitions, des interrogatoires, des auditions de témoins, des réquisitions sur la vidéosurveillance, reviendra sur tout cela et le précisera le plus possible", assure David Chantreux.

L'emploi de la force était-il légitime?

. Ce qui, en réalité, revient à porter un jugement et charger la préfecture et la mairie. Or c'est ça qu'on appelle une charge en matière de police, quand des policiers courent, clairement, en groupe, vers l'avant, munis d'armes de maintien de l'ordre.

Dans l'entretien, les deux responsables de l'IGPN insistent surtout sur les limites qu'implique une enquête administrative contrairement à une procédure judiciaire. "On doit faire ce qu'on peut avec les moyens dont on dispose dans le cadre d'une enquête administrative".

L'IGPN invoque notamment l'impossibilité d'accéder aux procès-verbaux recueillis lors de dépôts de plaintes, ou de convoquer des tiers pour témoigner. "Mardi, on a donc rendu les conclusions d'une enquête administrative, qui est circonscrite, et qui au regard de l'ampleur de l'affaire et de la gravité des faits, ne peut pas répondre en trois semaines à la question posée". ""Quand on entend, par exemple dans les médias, qu'une enquête judiciaire a été ouverte pour présomption de 'violences policières'", on s'émeut forcément parce que ce n'est pas exact juridiquement", a-t-elle déclaré.

"On ne dit pas 'circulez, y a rien à voire!'", répond Brigitte Jullien au journal Libération. "Bien évidemment, on pourra accéder à des tas d'autres éléments dans l'enquête judiciaire". Selon David Chantreux:"la colère et les attaques que nous subissons affectent terriblement nos enquêteurs". "Ce que nous sommes précisément en train de faire, à savoir débattre des conclusions de l'enquête administrative, est vain".

Les policiers font en outre valoir le caractère automatique de la procédure pour justifier son existence, que ses résultats soient concluants ou non: "C'est une enquête administrative prédisciplinaire, qui répond au devoir de réaction de l'administration".

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