Pas le temps de négocier un nouvel accord sur le Brexit

Claudine Rigal
Août 24, 2019

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson, en visite en Allemagne, ont réitéré mercredi la nécessité d'un Brexit avec accord, tout en divergeant sur l'approche à adopter pour y parvenir.

Johnson a déclaré à Macron qu'il souhaitait un accord sur le Brexit et était convaincu qu'il était encore possible d'en atteindre un à temps pour la date limite du 31 octobre. Un geste certes fugace, mais qui n'a pas échappé aux photographes présents sur place.

Le "backstop", disposition controversée sur l'Irlande dans l'accord de Brexit négocié entre Londres et Bruxelles mais refusé par le Parlement britannique, prévoit que, faute de meilleure solution à l'issue d'une période transitoire, et pour éviter le retour d'une frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, le Royaume-Uni tout entier reste dans un "territoire douanier unique" avec l'UE.

" Je pense que nous pouvons avoir un accord et un bon accord " en vue d'un Brexit le 31 octobre, a déclaré M. Johnson à son arrivée au palais présidentiel de l'Elysée.

Emmanuel Macron a de son côté jugé possible une solution sur la question de la frontière irlandaise 'dans le cadre de ce qui a été négocié'.

Au cours d'une conférence de presse conjointe donnée avant la réunion, M. Johnson a déclaré que "le filet de sécurité" (backstop) - une clause de l'accord de retrait qui vise à éviter de rétablir une frontière physique sur l'île d'Irlande - présentait "de très graves défauts" et "devait tout simplement être supprimé".

'L'avenir du Royaume-Uni ne peut se trouver qu'en Europe', a encore ajouté le président français.

Boris Johnson a précisé que Londres ne veut "à aucun prix établir des contrôles à la frontière" une fois le Royaume-Uni sorti de l'Union européenne.

"Je suis, comme la chancelière Merkel, confiant sur le fait que l'intelligence collective, notre volonté de construire, doit nous permettre de trouver quelque chose d'intelligent dans les 30 jours s'il y a une bonne volonté de part et d'autre, et c'est ce que je veux croire", a-t-il affirmé. Et elle l'avait fait savoir peu avant le rendez-vous entre le Premier ministre britannique et la chancelière allemande, Angela Merkel.

Boris Johnson est apparu particulièrement détendu jeudi lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron au palais de l'Elysée, où le nouveau Premier ministre britannique a posé d'emblée un pied sur une table en guise de plaisanterie.

Le marathon diplomatique du chef du gouvernement britannique se terminera à Biarritz, en France, par la première participation du dirigeant conservateur à un sommet du G7, marquée en particulier par un entretien avec le président américain, Donald Trump, fervent partisan d'un Brexit sans concession.

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