Trump insiste sur l'urgence d'apaiser les tensions indo-pakistanaises

Claudine Rigal
Août 20, 2019

L'Inde et le Pakistan échangeaient samedi d'"intenses" tirs transfrontaliers au Cachemire, a indiqué le gouvernement indien, la tension restant vive après la décision début août de New Delhi de priver la région de son autonomie.

Le président américain Donald Trump a exhorté vendredi les deux puissances nucléaires à s'asseoir à la table des négociations, appelant à "réduire les tensions par le dialogue bilatéral".

L'ambassadeur de l'Inde aux Nations unies a dénoncé ce vendredi des ingérences de la communauté internationale dans le dossier sensible du Cachemire. "Nous n'avons pas besoin que des fouineurs internationaux viennent nous dire comment agir. Nous sommes un pays de plus d'un milliard d'habitants", a mis en garde Syed Akbaruddin, le représentant de New Delhi aux Nations unies, à l'issue d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité.

Le Pakistan répondra à toute agression de l'Inde dans sa partie du Cachemire, a averti mercredi le Premier ministre pakistanais Imran Khan, les deux pays s'étant déjà livré trois guerres, dont deux autour du Cachemire, un territoire montagneux majoritairement peuplé de musulmans.

Imran Khan a quant à lui "exposé en détail le point de vue du Pakistan au président Trump", les deux dirigeants ayant décidé qu'"ils resteraient en contact constant", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi.

Ces mesures, qui visent à placer sous une tutelle plus directe de New Delhi cette région rebelle, ont été qualifiées d'"illégales" par le Pakistan, les deux pays se disputant le Cachemire depuis leur partition en 1947, au terme de la colonisation britannique.

L'AFP a toutefois pu confirmer l'ampleur des rafles auprès de nombreux responsables du gouvernement local à Srinagar, principale ville du Cachemire indien, y compris des membres de la police et des forces de l'ordre. "Je crains que cette idéologie de la suprématie hindoue (...) ne s'arrête pas au Cachemire occupé par l'Inde", a ajouté le Premier ministre pakistanais, évoquant ensuite un "ciblage du Pakistan, qui est pour les suprémacistes hindous ce qu'était le Lebensraum ("espace vital", ndlr) d'Hitler". Des centaines de manifestants ont affronté la police, qui a fait usage de gaz lacrymogène et de projectiles de petit calibre pour les disperser, selon un journaliste de l'AFP.

Mercredi, Imran Khan avait affirmé que son armée était "prête" à "donner une réponse ferme" aux forces indiennes si elles décidaient d'intervenir dans la partie du Cachemire contrôlée par le Pakistan. En effet, depuis la révocation de l'autonomie du Cachemire indien, ce sont au moins 4 000 personnes qui ont été interpellées en vertu de la loi sur la sécurité publique, a prévenu un magistrat sous couvert d'anonymat.

"L'armée pakistanaise dispose d'informations solides selon lesquelles ils ont l'intention de faire quelque chose au Cachemire pakistanais", a déclaré le Premier ministre pakistanais, cité par des médias. "Même si les services téléphoniques doivent être rétablis, ils le seront de manière progressive ". Un demi-million de soldats s'y trouvent déjà en temps normal.

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