Wall Street chute après les menaces de Trump contre la Chine

Xavier Trudeau
Août 23, 2019

Alors que les opérateurs s'apprêtaient à prêter toute leur attention au discours très attendu du président de la Réserve fédérale américaine vendredi, dans le cadre du fameux symposium de Jackson Hole, la tendance légèrement positive sur le CAC 40 jusqu'en début d'après-midi s'est complètement inversée sous l'effet d'un durcissement inattendu de la position chinoise dans le conflit commercial qui oppose les deux premières puissances économiques de la planète.

Le locataire de la Maison-Blanche a précisé qu'il répondrait plus tard dans la journée aux nouveaux tarifs douaniers chinois sur des produits importés des États-Unis que Pékin a annoncés vendredi.

"Nous pouvons toutefois (.) nous concentrer sur la manière dont les questions commerciales affectent les perspectives et ajuster notre politique", a ajouté le numéro un de la Fed lors de cette conférence traditionnelle de la Fed de Kansas City dans la station de montagne du Wyoming.

La prochaine réunion monétaire de la Banque centrale est prévue dans trois semaines, les 17 et 18 septembre, et les marchés s'attendent largement à une nouvelle baisse des taux d'intérêt.

Quelques minutes avant ses attaques contre Pékin, Donald Trump s'en était pris au patron de la Fed Jerome Powell et se demandait s'il n'était pas " un pire ennemi " que le président chinois Jinping Xi. "C'est le dollar le plus fort de l'histoire", a-t-il assuré alors que le billet vert n'a pas atteint de sommet historique.

Mais le président reproche à la Banque centrale d'avoir remonté fin 2018 les taux trop vite et provoqué un renforcement du dollar ce qui handicape les Etats-Unis en pleine guerre commerciale.

Wall Street avait d'abord réduit ses pertes vendredi matin après la prise de parole de Jerome Powell, les investisseurs semblant accueillir ses propos comme la confirmation d'un geste accommodant sur les taux. Sans oublier, bien sûr, le regain de tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Le Dow Jones perdait 1,17% en fin de matinée.

"Ce n'est pas Trump qui décidera de la baisse des taux mais l'impact du ralentissement économique mondial sur l'économie américaine", décrypte le gérant. "L'inflation est restée inférieure à 2% en moyenne ces 25 dernières années et cette baisse hausse des prix a été le principal souci de la dernière décennie", a-t-il expliqué alors que la Fed juge qu'une cible de 2% d'inflation est saine pour l'économie. Il a accusé la Fed de "désavantager les Etats-Unis face aux concurrents". Alors qu'il appelait la Fed à enfin "montrer son bazar" (traduit par nous, en VO "Now the Fed can show their stuff!"), le président américain a regretté que la banque centrale n'ait "comme d'habitude, RIEN fait".

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