Boris Johnson pris en flagrant délit de mensonge — Grande-Bretagne

Claudine Rigal
Septembre 19, 2019

"Les citoyens britanniques, comme les autres citoyens européens, ont droit à la vérité sur les conséquences du Brexit, toutes les conséquences qui sont beaucoup plus graves (.) que vous ne voulez bien le dire", a lancé le Français avant d'adresser une critique à peine voilée à Boris Johnson.

Le président de la Commission européenne s'est exprimé deux jours après une rencontre infructueuse avec le Premier ministre britannique Boris Johnson à Luxembourg.

"Il reste très peu de temps (.) Le risque d'un 'no deal' est bien réel", a-t-il souligné, invitant le gouvernement britannique à proposer des alternatives au "backstop", la clause censée empêcher le rétablissement des contrôles à la frontière entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, que Londres juge inacceptable.

Le leader des pro-Brexit, l'eurodéputé Nigel Farage, discute avec Jean-Claude Juncker. "Accord que nous croyons toujours possible".

Plus de trois ans après le référendum qui a vu les Britanniques voter à 52% pour une sortie de l'Union européenne, le Brexit n'en demeure pas moins un casse-tête.

AFP              Le leader des pro-Brexit l’eurodéputé Nigel Farage discute avec Jean Claude Juncker
AFP Le leader des pro-Brexit l’eurodéputé Nigel Farage discute avec Jean Claude Juncker

La question irlandaise reste le principal point de blocage des discussions.

" Le nouveau gouvernement britannique a souligné les aspects du filet de sécurité qu'il n'aime pas". Une vidéo montrant Boris Johnson pris à partie mercredi par ce père de famille qui dénonce le sous-effectif chronique dans le système de santé public NHS est devenu virale, l'homme reprochant au Premier ministre d'organiser dans ce contexte une visite suivie par les medias. "Ce n'est pas suffisant pour parvenir à une solution", a constaté Michel Barnier.

Lors du débat qui a suivi, le leader des pro-Brexit, l'eurodéputé Nigel Farage, a accusé Michel Barnier d'avoir voulu "depuis le début les coincer (les Britanniques) à l'intérieur" du marché unique.

Juste avant lui, une eurodéputée nord-irlandaise du Sinn Fein, parti républicain qui milite pour une Irlande réunifiée, Martina Anderson, est intervenue dans l'hémicycle en brandissant son passeport irlandais, vêtue du maillot vert de James McClean, un footballeur né en Irlande du Nord mais qui a choisi de représenter la République d'Irlande lors des matchs internationaux. Mais jusqu'à présent, Londres n'a pas présenté de solutions alternatives satisfaisantes pour les Européens. À cette occasion, les responsables de l'Union européenne ont appelé Londres ce mercredi à ne "pas faire semblant de négocier " pour éviter une sortie brutale du Royaume-Uni. L'Italien devrait s'y rendre "en septembre ou en octobre ou plus tard", selon une source dans son cabinet. Les deux parties se sont toutefois dites déterminées à trouver un accord et à intensifier les discussions.

Les eurodéputés ont voté massivement à la mi-journée une résolution sur le Brexit, la première pour le Parlement nouvellement constitué après les élections de mai.

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