Brad Pitt veut… s'éloigner du cinéma - Édition digitale de Charleroi

Pierre Vaugeois
Septembre 20, 2019

" Que diable allait-il faire dans cette galère " (ou fusée)?

Dans le premier film de science-fiction réalisé par l'excellent James Gray (The Yards, Two Lovers), Pitt incarne Roy McBride, un type solitaire et mélancolique qui travaille depuis des décennies pour la NASA et est considéré par ses boss comme une pointure de l'espace. Mais après tout, pourquoi pas puisque d'autres cinéastes, et non des moindres, s'y sont déjà intéressés par le passé et avec réussite. La Lune a été colonisée et Mars est en passe de l'être. A la suite d'explosions radioactives, des surcharges électriques ont eu des conséquences catastrophiques sur Terre et la mettent en péril.

L'astronaute Roy McBride s'aventure jusqu'aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la planète.

N'ayant jusque là jamais tourné ensemble, James Gray et Brad Pitt s'étaient raté de peu sur l'arlésienne Lost City Of Z dont l'acteur n'avait pu être au final que producteur. Si le réalisateur quittait ses habituels décors new-yorkais, il poursuivait toujours l'exploration des relations familiales de ses précédents films. Il en va de même ici.

Il est de plus en plus difficile d'aspirer à l'originalité dans le domaine de la science-fiction. Mais il est une grande œuvre de cinéma, parachevant le grand thème de son auteur (la relation au père, encore et toujours) tout en offrant à son patient public une récompense digne de ce nom: celle de le chambouler jusqu'au plus profond de son être, en nourrissant une approche spirituelle et dense sur ce que sont la survie, la solitude, le destin de l'humanité, en plus d'être un film superbe et douloureux sur le deuil.

Brad Pitt se révèle bouleversant. Il va se " perdre dans les étoiles " pour tenter de se rapprocher des humains, tel est son paradoxe.

Dans une interview accordée à Entertainment Weekly, l'acteur a avoué qu'il n'avait pas l'intention de faire campagne pour les Oscars pour son rôle dans le nouveau Tarantino Once Upon a Time...

Mais s'il sacrifie à quelques figures imposées du genre, à l'image d'une incroyable poursuite en engins lunaires ou d'une spectaculaire attaque de babouins, le film de James Gray est avant tout un voyage méditatif, un ressassement intérieur.

Même Liv Tyler, qui se voit à nouveau magnifier par les compositions orchestrales de Max Richter, comme c'était le cas dans la grandiose télésérie The Leftovers, tout en renouant avec l'espace pour la première fois depuis Armageddon (en faisant abstraction du délire qu'est Space Station 76, bien sûr), demeure d'une importance assez discutable, sauf peut-être pour l'épilogue, qui risque certainement de diviser les spectateurs.

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