Course contre la montre pour éviter la faillite — Thomas Cook

Xavier Trudeau
Septembre 21, 2019

Alors que le voyagiste britannique en difficulté cherche à trouver des financements supplémentaires ce week-end pour éviter une retentissante faillite, une source proche du dossier a expliqué à l'AFP que les 200 millions de livres supplémentaires (227 millions d'euros) jugés nécessaires pour un plan de sauvetage viable et durable, ne viendraient pas de nouveaux investisseurs privés.

Si la faillite s'avérait, Thomas Cook n'aurait d'autres choix que d'organiser le rapatrier immédiatement 600.000 touristes à travers le monde, dont 150.000 Britanniques.

A la veille de l'échéance finale, les chances de survie du groupe Thomas Cook s'amenuisent. Ses clients proviennent majoritairement du Royaume-Uni et d'Allemagne.

Ce serait alors l'opération de rapatriement la plus spectaculaire pour le Royaume-Uni depuis la faillite de la compagnie aérienne Monarch en octobre 2017 lors de laquelle le gouvernement avait organisé en catastrophe le retour de 110.000 passagers.

"Le conseil d'administration de Thomas Cook se réunit dimanche". Nous saurons d'ici demain si un accord est trouvé " et si le pionnier des tours-opérateurs va survivre, a conclu cette source.

Mais il est fragilisé depuis quelques années par une rude concurrence entre tour-opérateurs notamment dans des destinations ensoleillées très prisées comme l'Espagne, ce qui tire vers le bas les prix et comprime les marges.

Thomas Cook a été en outre touché de plein fouet en 2018 par l'effet d'une vague de chaleur en Europe de l'Ouest et du Nord, qui a poussé les touristes potentiels à profiter du beau temps chez eux. L'environnement économique incertain, notamment au Royaume-Uni avec le flou entourant le Brexit et la chute de la livre, pèse également sur le moral des consommateurs et sur leur pouvoir d'achat.

Mais les 900 millions de livres promis ne suffisent pas et Thomas Cook a besoin de 200 millions supplémentaires pour poursuivre ses activités.

Le syndicat de pilotes britanniques Balpa a quant à lui pointé du doigt la responsabilité des banques RBS et Lloyds qui ont selon lui exigé le financement supplémentaire. De fait, la Tunisie compterait une entrée de devises en moins si Thomas Cook mettait la clé sous la porte, et c'est sans compte les conséquences sur le secteur touristique. "Il est consternant que ces banques qui ont été sauvées par le contribuable (pendant la crise de 2008, ndlr) ne montrent aucune fidélité envers une grande entreprise britannique, Thomas Cook, quand elle a besoin d'aide", a déclaré son secrétaire général Brian Strutton. Le ministère britannique des Transports a quant à lui refusé "de spéculer sur la situation financière d'une entreprise ".

Cette perspective, ainsi que le risque de faillite, faisait s'effondrer un peu plus le cours de Bourse de Thomas Cook qui a dégringolé de près de 15% à la Bourse de Londres.

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