Facebook appelle la police pour stopper les retransmissions d'attaques extrémistes — Réseau social

Claudine Rigal
Septembre 20, 2019

Le réseau social fait appel aux forces de l'ordre aux États-Unis et au Royaume-Uni pour entraîner ses outils d'intelligence artificielle (IA) à stopper les retransmissions en direct d'attaques extrémistes. Son objectif est d'éduquer ses outils d'intelligence artificielle grâce à cette collaboration. Elle permet également à cibler les mouvements ou individus prêchant le suprémacisme blanc et de les ajouter, ainsi, à sa liste "d'organisations terroristes".

Toutes ces mesures répondent aux critiques auxquelles Facebook a fait face pour avoir mis 17 minutes avant d'arrêter la retransmission par un suprémaciste blanc, qui a tué 51 fidèles musulmans le 15 mars à Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Depuis, l'entreprise multiplie les initiatives: restrictions pour l'accès à la fonctionnalité Facebook Live, rencontres avec des responsables politiques et une alliance avec d'autres réseaux sociaux pour freiner le détournement de technologies permettant de diffuser du contenu terroriste.

Les images vidéo seront également envoyées au ministère de l'Intérieur, qui les partagera ensuite avec d'autres entreprises, qui veulent développer des technologies comparables, selon la police dans un communiqué.

D'après les informations, la police de Londres apportera son concours à partir du mois d'octobre.

Les outils d'intelligence artificielle ont besoin d'énormes quantités de données - ici, des images de fusillades - pour apprendre à les distinguer de façon fiable.

Les images filmées par les caméras corporelles portées par des policiers de Londres lors de leurs entraînements au tir viendront alimenter et enrichir la banque d'images dont se sert Facebook pour reconnaître des vidéos de personnes commettant des actes de violence par arme à feu. Toutefois, la difficulté vient du fait que la "machine" doit pouvoir faire la différence entre une attaque dans la vraie vie et une scène de film ou de jeu vidéo. Ils pourront, par la suite, les trier et in fine les supprimer.

Par ailleurs, Facebook a rappelé qu'il a déjà banni 200 organisations suprémacistes blanches. "La nouvelle définition reste concentrée sur le comportement, pas l'idéologie de ces groupes", mais elle est désormais élargie à "des actes de violence en particulier dirigés contre des civils avec l'intention de les contraindre et de les intimider".

Pareillement, le réseau social a aussi amplifié les missions d'une équipe de 350 experts du maintien de l'ordre, de la sécurité nationale, de l'anti-terrorisme, mais aussi des universitaires spécialisés dans l'étude du phénomène de radicalisation.

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