Faut-il bannir les traitements — Ménopause

Evrard Martin
Septembre 2, 2019

Une nouvelle étude publiée le 29 août 2019 dans la revue The Lancet apporte la confirmation que les femmes qui suivent un traitement hormonal de la ménopause (THM) ont un peu plus de risque de développer un cancer du sein que les autres. Selon leurs conclusions, tous les traitements hormonaux de la ménopause (THM) sont associés à un risque accru, à l'exception des gels aux œstrogènes pour application locale. "Aucun médicament n'est totalement sans risque, mais il est important pour les femmes de pouvoir prendre une décision éclairée sur les risques et les avantages qui leur conviennent", explique Sarah Branch, directrice adjointe de la division de la vigilance et de la gestion des risques des médicaments de la MHRA, citée par le Guardian.

Pour arriver à ce constat, le groupe de chercheurs a analysé pas moins de 58 études épidémiologiques, réalisées de janvier 1992 à janvier 2018, et réunissant quelques 108 647 femmes ménopausées ayant développé un cancer du sein. Ils ont alors pu mettre en évidence que les femmes de 50 ans sous THM associant oestrogènes et progestérone pendant cinq ans présentaient 8,3% de risque de développer un cancer du sein dans les 20 ans qui suivent le début du traitement.

Au moment de la ménopause, les ovaires cessent progressivement de fonctionner, entraînant une chute des niveaux d'œstrogène et une quasi-disparition de la progestérone.

La proportion serait de 7,7% pour celles ayant suivi un traitement de même durée avec oestrogènes et progestérone par intermittence (pas tous les jours), et de 6,8% pour celles traitées par oestrogènes seuls, estiment les chercheurs. Cette question taraude les scientifiques depuis le début de l'utilisation des oestrogènes contre les symptômes de la ménopause (bouffées de chaleur, ostéoporose, troubles du sommeil, sécheresse vaginale...). Chez elles, le risque de cancer du sein, déjà plus élevé, n'a pas été augmenté par la prise d'un THS. Par ailleurs, le risque augmente avec la durée du traitement. "Mais, il apparaît que l'utilisation d'un THM pendant moins d'un an entraîne peu de risque", a précisé Gillian Reeves, de l'université d'Oxford, co-auteure de l'étude. Ainsi, en 2002, une étude américaine avait démontré que le THM entraînait une augmentation du risque de cancer du sein. Dans les années qui ont suivi, leur prescription a nettement reculé. L'incidence des cancers du sein a également nettement baissé, de 6,6%, entre 2003 et 2006 chez les femmes de 50 à 69 ans, un phénomène au moins en partie attribué à la raréfaction des THM.

D'autres facteurs comme la consommation d'alcool, le poids ou l'âge du premier enfant sont aussi susceptibles d'agir sur la survenue du cancer du sein.

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