Flou total autour du pétrolier iranien — Golfe

Claudine Rigal
Septembre 1, 2019

L'Adrian Darya a été saisi par les Royal Marines britanniques le mois dernier et accusé d'avoir transporté illégalement du pétrole iranien en Syrie en violation des sanctions imposées par l'Union européenne, toutefois les autorités de Gibraltar ont lavé le navire de tout acte répréhensible commis plus tôt ce mois-ci.

"Ce pétrolier n'est en fait pas en route pour Iskenderun (port du sud de la Turquie nommé Alexandrette en français, ndlr), ce pétrolier est en route pour le Liban", a déclaré lors d'une visite à Oslo M. Cavusoglu, interrogé pour savoir si l'Adrian Darya 1 (ex-Grace 1) faisait cap vers la Turquie.

Lundi, l'Iran a affirmé avoir vendu le pétrole stocké à bord du navire sans préciser qui était l'acheteur ni si le pétrole avait été acheté avant ou après la saisie du tanker le 4 juillet.

"Selon ses coordonnées, il se dirige vers les eaux territoriales du pays, mais cela ne veut pas dire qu'il va faire escale dans un port libanais", a-t-il ajouté, répétant que la destination finalen'était pas un port turc. Les Etats Unis ont entamé ce mois-ci, un procès en confiscation de biens civils de dernière minute pour tenter de saisir le navire mais les autorités de Gibraltar ont autorisé le navire à partir après une détention de longue durée, déboutant Washington.

D'après les données du site spécialisé www.marinetraffic.com, l'Adrian Darya 1 se trouve actuellement au nord-ouest de Chypre, loin des eaux territoriales libanaises.

Le Liban, par un tweet de sa ministre de l'Energie Nada Boustani, a immédiatement affirmé ne pas avoir reçu de demande d'ancrage du pétrolier iranien. La Turquie et le Liban ont démenti vendredi qu'il se dirigeait vers leurs côtes. Avant il y avait eu Mersin, en Turquie, et Kalamata, dans le sud de la péninsule grecque du Péloponnèse.

Athènes avait assuré que le pétrolier ne se dirigeait pas vers la Grèce. Avant il avait un pavillon panaméen et s'appelait Grace 1.

Téhéran avait assuré ne pas pouvoir être "transparent" concernant la destination de son pétrole, accusant les Etats-Unis d'essayer "d'intimider" les acheteurs potentiels.

Selon le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, la vente du pétrole que transporte l'Adrian Darya 1 contribuerait à financer les forces iraniennes.

Ces tensions se sont accentuées depuis que Washington s'est unilatéralement retiré en 2018 d'un accord international, conclu en 2015 pour encadrer le nucléaire iranien. Les Etats-Unis ont ensuite rétabli des sanctions draconiennes contre Téhéran.

Par le passé, Washington a également accusé le navire de chercher à transporter sa cargaison vers la Syrie, où le régime de Bachar Al-Assad, soutenu par Téhéran, fait aussi l'objet de sanctions économiques américaines.

Le site TankerTrackers de suivi des transports pétroliers a averti vendredi sur les réseaux sociaux qu'il ne fallait pas trop se fier aux destinations affichées par l'Adrian Darya 1, penchant plutôt pour un transfert de la cargaison sur des pétroliers plus petits.

"Nous pensons qu'un transfert aura encore lieu dans quelques jours".

En attendant, le navire "zigzague sans but dans la Méditerranée".

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