La Fed abaisse ses taux d'intérêt de nouveau

Xavier Trudeau
Septembre 19, 2019

Jusqu'à mardi, une large majorité d'investisseurs pariant sur le niveau futur des taux misaient sur une baisse d'un quart de point de pourcentage (0,25%) mais mardi soir, une petite majorité de 53% tablait désormais sur le statu quo avec un loyer de l'argent maintenu à 2-2,25%.

La Fed a dressé un portrait mitigé de l'économie américaine, citant toujours le dynamisme du marché de l'emploi et la croissance modérée qui se poursuit. Elle souligne le fort rythme de progression des dépenses des consommateurs, mais signale la baisse des investissements des entreprises.

La Fed n'est de plus "pas équipée" pour contrecarrer les conséquences de l'imposition des tarifs douaniers réciproques entre la Chine et les Etats-Unis, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Le président Donald Trump, qui milite pour des taux à zéro voire négatifs pour l'aider à faire baisser le dollar et relancer les exportations, a immédiatement critiqué la décision du patron de la Fed. Aucune audace, aucun sens, aucune vision! "Un communicant déplorable!", a-t-il ajouté. Pour Jerome Powell, les projections économiques des Etats-Unis restent "positives", mais les "incertitudes" sur ces anticipations demeurent, s'attardant particulièrement sur les évolutions du dossier commercial sino-américain et le ralentissement global de l'économie, mais citant aussi l'incertitude du Brexit et la décélération de la croissance européenne.

La décision de la Fed a été prise au terme d'un vote de 7 contre 3 de ses membres. C'est la plus forte opposition rencontrée par le président M. Powell depuis son arrivée à la tête de la Fed début 2018.

Comme en juillet, deux membres se sont opposés parce qu'ils pensent que l'économie n'a pas besoin de davantage de stimulus: ce sont Eric Rosengren de la Fed de Boston et Esther George de celle de Kansas City.

Interrogé, le patron de la Fed a simplement qualifié ces divergences d'opinion de "saines".

La dernière dissension d'une telle ampleur au sein du FOMC remonte à septembre 2016 sous la houlette de Janet Yellen. Le Nasdaq lâchait 1,14%, accentuant également sa baisse.

Pour autant, elles ne présagent pas des décisions puisque les participants aux projections ne sont pas tous membres votants.

Pour l'évolution des taux à l'avenir, la moyenne des projections des membres de la Fed (tableau des dot plot) indique que la Banque centrale n'a pour l'instant pas l'intention d'aller plus loin dans ses baisses des taux ni d'ici la fin 2019 ni l'année prochaine, alors qu'elle prévoit une croissance de 2 % en 2020 et une inflation proche de sa cible à 1,9 %.

Les principaux indices de Wall Street ont légèrement reculé mercredi après la diffusion du communiqué de la Banque centrale américaine (Fed) annonçant une nouvelle baisse de ses taux directeurs, tandis que le dollar se renforçait face à l'euro.

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