La France tourne le dos à la cryptomonnaie de Facebook

Xavier Trudeau
Septembre 13, 2019

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, refuse d'autoriser le développement "sur sol européen" de la libra, la cryptomonnaie que Facebook veut lancer en 2020. Il estime que "la souveraineté monétaire des Etats est en jeu".

Une partie des craintes autour du libra est que celle-ci se substitue à la monnaie nationale dans les Etats où la devise est faible ou connaît une forte dévaluation.

"Les commentaires du ministre français de l'Economie soulignent encore plus l'importance de notre travail en cours avec les autorités de régulation et les gouvernements de par le monde", a réagi dans un communiqué le responsable de la communication de la Libra Association, Dante Disparte.

" Je ne vois pas pourquoi nous portons autant d'attention depuis des années à éviter toute utilisation d'une monnaie pour le blanchiment et pour la lutte contre le financement du terrorisme et qu'une monnaie digitale comme Libra échapperait à ces obligations", a-t-il affirmé.

Sur le même ton, le ministre a refusé que les cryptomonnaies puissent se développer sans aucune régulation.

Le ministre de l'Economie a exprimé la position de la France, vis-à-vis de la monnaie virtuelle qu'entend lancer Facebook dès 2020.

Dans son discours, M. Le Maire a pris soin de faire la différence entre la Libra et les cryptomonnaies, se disant par ailleurs " passionné " par le sujet et rappelant que la France réfléchit à la création d'une monnaie numérique publique émise par les banques centrales. Inspirée de cryptomonnaies comme le bitcoin, elle doit toutefois être gérée par un consortium à but non-lucratif.

Le projet suscite néanmoins de vives inquiétudes tant de la part des banquiers centraux, des politiques que des autorités de régulation, au regard notamment des risques pour la stabilité financière.

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