Le Canada tente de rassurer ses alliés — Espion présumé

Claudine Rigal
Septembre 19, 2019

La grande patronne de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Brenda Lucki, a révélé que l'employé arrêté et accusé d'avoir tenté de livrer des informations confidentielles collaborait à une enquête de la police fédérale américaine (FBI) au moment où il s'est fait prendre. Menée en 2018, cette enquête révélait une fuite interne au sein des renseignements canadiens.

La commissaire de la GRC a fait une première sortie publique depuis l'arrestation de Cameron Jay Ortis.

Brenda Lucki a mentionné que la GRC évaluait présentement les répercussions des gestes reprochés à M. Ortis et qu'elle travaillait à "mettre en place des stratégies d'atténuation". Avant d'être nommé au Centre national de coordination du renseignement, il avait travaillé aux recherches opérationnelles ainsi qu'aux enquêtes criminelles relatives à la sécurité nationale.

" L'analyse des contenus des rapports " que M. Ortis est accusé d'avoir voulu transmettre à un tiers " aurait pu raisonnablement permettre à une agence de renseignement étranger de tirer des conclusions importantes sur les cibles, les techniques, les méthodes et les capacités du renseignement canadien et allié ", selon ce rapport. "Je peux vous assurer que tous comprennent que nous traitons cette situation avec beaucoup de sérieux", a-t-il affirmé.

Les liens de Cameron Ortis avec le crime organisé ont de quoi inquiéter, car il est soupçonné d'avoir transmis, ou voulu transmettre, des documents sensibles à des États étrangers, des groupes criminels, ou des organisations terroristes. Plus loquace, le chef conservateur Andrew Scheer s'est déclaré "préoccupé par l'arrestation d'un agent du renseignement de la GRC qui a divulgué des informations sur la sécurité nationale". Il avait notamment travaillé sur une affaire de blanchiment présumé de millions de dollars au Canada, orchestrée par des responsables russes et qui avait été dénoncée par Sergueï Magnitski, un juriste russe mort en prison en 2009. Un partage de données qui aurait pu être dramatique pour la sécurité du Canada et de ses alliés, membres du "five-eyes".

L'ancien haut responsable était endetté, selon la CBC. Un somme conséquente qui pourrait expliquer sa volonté de vendre ces informations au crime organisé. Elle a toutefois protégé son service d'une potentielle responsabilité, "on ne peut pas contrôler les actes humains".

Cameron Ortis, a dû répondre vendredi dernier de sept chefs d'accusation qui concernent des violations de la loi sur la protection de l'information, généralement employée dans les cas d'espionnage à l'étranger. S'il est reconnu coupable, il risque jusqu'à 14 ans de prison.

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