Le gouvernement se donne du temps — Retraites

Pierre Vaugeois
Septembre 13, 2019

Le premier ministre Édouard Philippe s'est montré tout miel jeudi 12 septembre au moment de présenter le calendrier et la méthode de la réforme des retraites devant le conseil économique, social et environnemental. Bienvenue dans l'acte II, qui selon Édouard Philippe sera marqué par " plus d'écoute et plus de dialogue avec les corps intermédiaires ".

Entre-temps, le Premier ministre a confirmé de nouvelles concertations avec les partenaires sociaux, qui "dureront jusqu'au début du mois de décembre", a-t-il précisé.

Le calendrier: il s'agissait de répondre au procès en immobilisme instruit notamment par les oppositions, qui soupçonnaient l'exécutif de vouloir temporiser après déjà 18 mois de consultations et un rapport remis mi-juillet par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye. Le tout sur fond de nouveaux débats citoyens, via une plateforme web et des rendez-vous animés par le gouvernement jusqu'"à la fin de l'année". Ces discussions porteront sur quatre thèmes, dont les "conditions d'ouverture des droits", en particulier "l'importante question de l'âge [de départ] et de la durée [de cotisation], et le "pilotage financier du système" pour le ramener à l'équilibre d'ici 2025". "Un système qui conduira donc à la disparition des régimes spéciaux et de multiples dérogations qui, à quelques exceptions près, n'ont plus lieu d'être", juge le Premier ministre.

Il promet par ailleurs de tenir compte des métiers dangereux ou pénibles sur le plan physique et de reconnaître "la valeur de l'engagement" des militaires et des forces de sécurité intérieures, qui peuvent dans certains cas partir à la retraite à partir de 52 ans.

Les représentants des catégories professionnelles touchées par la réforme seront aussi reçus d'ici au 15 octobre par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye et les ministres concernés " pour dresser un état des lieux précis et chiffrés et pour se fixer un calendrier de travail ", a indiqué Édouard Philippe. Sur les détails les plus sensibles de la réforme, le chef du gouvernement s'est voulu rassurant.

Sur le thème clef de l'âge de départ à la retraite ou de durée de cotisation, Edouard Philippe a répété un constat "factuel" selon lui: "L'âge légal de 62 ans est un âge minimal de départ à la retraite et non l'âge du taux plein pour tous".

Mais aussi aux avocats, qui s'attendent à une mobilisation " extrêmement forte " lundi lors d'une manifestation parisienne à laquelle se joindront des médecins, infirmières, kinés, pilotes de ligne, hôtesses et stewards.

Idem pour les " inquiétudes (...) légitimes " entourant la définition de la valeur du point, qui conditionnera le montant des pensions et dont la gouvernance pourrait être partagée avec les partenaires sociaux. Édouard Philippe a rappelé que seules les personnes nées " après 1963 " seront concernées par les premiers effets de la réforme, qui ne concerne donc ni les retraités actuels ni les actifs proches de la retraite. Le Premier ministre a aussi répété que les dimensions de pénibilité et de danger seraient intégrées, qu'une mission était engagée sur le maintien des seniors dans l'emploi.

Quant à la transition des 42 régimes existants vers le futur système unique, elle ne se fera pas tant que le " chemin ne sera pas tracé", a assuré M. Philippe, qui vise une entrée en vigueur " à partir du 1er janvier 2025 ". "Nous avons le temps d'examiner chaque situation, de faire converger les régimes de manière très progressive", a-t-il insisté.

Le Premier ministre était attendu au tournant, après la petite phrase surprise d'Emmanuel Macron en marge du G7 de Biarritz, fin août.

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