Le pape François pousse un cri d'alarme sur la déforestation — Madagascar

Claudine Rigal
Septembre 11, 2019

"Je prie pour qu'il n'y ait pas de schisme, mais je n'ai pas peur", a lancé François à la presse, dans l'avion qui le ramenait à Rome d'une tournée africaine au Mozambique, à Madagascar et à Maurice.

Quelques uns sont même allés jusqu'à demander sa démission en jugeant qu'il sème "la confusion" chez les croyants, voire qu'il serait "hérétique".

Le pape est la cible des critiques d'un petit mais puissant groupe de conservateurs américains mécontents de son discours sur un certain nombre de questions théologiques et morales ainsi que sur des sujets de société comme l'immigration ou le climat.

Dans ses salutations à diverses délégations après la messe de lundi à l'île Maurice, le Pape François s'est référé à l'archipel et a utilisé le nom des îles Chagos, que la Grande-Bretagne gouverne comme le British Indian Ocean Territory (BIOT).

Un moment fort et très attendu, trente ans après la visite de saint Jean-Paul II. "Les mêmes choses! Je les copie!", a-t-il insisté.

Pour lui, ses détracteurs qui répètent par exemple que "le pape est trop communiste" font "entrer l'idéologie dans la doctrine".

Le pape François dans l'avion papal qui le mène d'Antamanarivo à Rome le 10 septembre 2019
Le pape François dans l'avion papal qui le mène d'Antamanarivo à Rome le 10 septembre 2019

"Je n'ai pas peur des schismes", a répondu le pape en développant son argumentaire pendant une dizaine de minutes, ajoutant qu'il y en avait eu de nombreux en 2.000 ans d'histoire de l'Eglise.

"Je prie pour qu'il n'y en ait pas, parce que c'est la santé spirituelle de nombreuses personnes qui est en jeu".

"L'idéologie infiltre la doctrine et quand les idéologies infiltrent la doctrine, il y a possibilité d'un schisme", a-t-il poursuivi. Le pontife a assuré qu'il était toujours disposé à répondre à des critiques "constructives" et "loyales", ouvertes au dialogue.

Cette attitude ne consiste pas selon lui à "vouloir du bien à l'Eglise", mais juste à poursuivre des "idées fixes (.) comme changer de pape, changer de style, faire un schisme", a-t-il critiqué. Le pape a aussi mis en garde contre les prêtres et évêques "rigides", qui provoquent "des problèmes". "A la fin, ils finiront mal", a-t-il prédit.

Le pape François a dénoncé dimanche à Madagascar la "culture du privilège" devant près d'un million de personnes venues des quatre coins du pays pour assister à une messe géante en lisière de la capitale Antananarivo.

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