Le Parlement suspendu mardi après un vote sur des élections anticipées — Brexit

Claudine Rigal
Septembre 10, 2019

La Chambre des lords, chambre haute du parlement britannique, a adopté un projet de loi empêchant le Brexit sans accord.

Le texte voté mercredi par la Chambre des communes va être transmis à la chambre des Lords, où certains élus conservateurs pro-Brexit envisageaient de déposer une série d'amendements pour ralentir son examen et empêcher son adoption avant la suspension des activités du Parlement pour cinq semaines lundi prochain.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré jeudi 5 septembre 2019 que le National Health Service (NHS), le service de santé national britannique, ne sera " pas sur la table " lors des négociations d'un accord commercial post-Brexit avec les États-Unis. Johnson va-t-il se prendre les pieds dans le tapis institutionnel comme l'a fait Salvini en Italie?

Boris Johnson a pourtant affirmé jeudi qu'il préfèrait "être mort au fond d'un fossé" plutôt que de demander un report du Brexit. Car s'il décrochait une majorité, il pourrait alors sortir de l'UE avec ou sans accord avec Bruxelles.

Après un premier échec, le gouvernement va donc de nouveau soumettre tard lundi soir au vote des députés une motion convoquant des élections anticipées. Alors que les députés s'écharpent depuis des mois sur le Brexit et qu'ils devaient voter dans la soirée sur une nouvelle motion appelant à des élections anticipées, ils ont passé beaucoup de temps à rendre des hommages appuyés au Speaker de la Chambre des communes, John Bercow, qui après 22 ans de députation et 10 années au perchoir, a annoncé son départ pour la fin octobre.

Ancien journaliste au "Financial Times", après avoir travaillé dans la banque d'investissement Deutsche Bank, Jo Johnson était secrétaire d'État chargé des universités, de la science, de la recherche. Interrogé sur le sujet, il s'est contenté de souligner que le Brexit "est visiblement une question qui divise les familles".

Dans une déclaration aux tabloïds Mail on Sunday et Sunday Express, Boris Johnson accuse "un groupe de députés, dirigé par Jeremy Corbyn", le chef du Labour, de vouloir "bloquer le Brexit" et "forcer ce pays à accepter encore plus de tergiversations et de retards". Il faudrait que BoJo puisse organiser des élections anticipées le 15 octobre, qu'il les remporte assez largement pour arriver au Conseil européen des 17 et 18 octobre en position de force.

Il reste que " BoJo " est en mauvaise posture, attaqué sur le terrain politique comme judiciaire.

Boris Johnson s'oppose farouchement à tout nouvel ajournement du Brexit, initialement prévu pour le 29 mars et déjà reporté deux fois, si aucun compromis n'est trouvé.

Boris Johnson a assuré lundi encore vouloir un accord, mais Bruxelles et Londres ne parviennent pas à s'entendre sur la manière de maintenir ouverte la frontière en Irlande après le Brexit.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL