Les constructeurs auto se mobilisent contre un Brexit sans accord — UE

Xavier Trudeau
Septembre 25, 2019

Les associations européennes de constructeurs automobiles sont alarmistes: "un Brexit sans accord serait un très sérieux coup porté à l'industrie automobile". 23 associations dont l'ACEA (Association des Constructeurs Européens d'Automobiles), le CCFA (Comité des Constructeurs Français d'Automobiles), la PFA (Plateforme Automobile) ou encore la FIEV (Fédération des industriels d'Equipements Automobiles) ont en effet signé un manifeste qui "met en garde contre les effets catastrophiques d'un Brexit sans accord, estimant qu'un no deal ferait l'effet d'un séisme sur la fabrication des voitures en Europe".

"Les industries automobiles de l'UE et du Royaume-Uni ont besoin d'un commerce sans heurts et seraient gravement pénalisées par des taxes et charges administratives pesant sur les pièces détachées et les véhicules", a estimé Bernhard Mattes, président de l'association de l'industrie automobile allemande (VDA).

La Grande-Bretagne doit quitter l'UE le 31 octobre mais les entreprises s'inquiètent de plus en plus face à l'absence de progrès du Premier ministre Boris Johnson, censé trouver un nouvel accord avec les Européens pour remplacer celui conclu par Theresa May, rejeté trois fois au parlement britannique.

Le patron de PSA, Carlos Tavares, avait prévenu en juillet que le constructeur était prêt à fermer l'usine britannique de Ellesmere Port et transférer l'activité en Europe continentale si le Brexit tournait mal. En mai 2019, Gaetan Toulemonde, analyste à la Deutsche Bank indiquait que "le Brexit allait générer environ 5 milliards de taxes supplémentaires, soit 5 % du résultat d'exploitation des constructeurs européens en impact direct".

Le fabricant de voitures premium BMW a indiqué début septembre qu'il allait arrêter deux jours son usine britannique d'Oxford autour de la date prévue pour le Brexit, soit le 31 octobre, illustrant la pagaille prévisible dans le secteur autour de cette échéance. Ainsi, plusieurs constructeurs comme BMW, Nissan et PSA ont déjà réduit les investissements sur leurs sites britanniques dans l'attente de l'évolution des négociations sur le Brexit. Entre janvier et juin, les nouveaux investissements annoncés ont ainsi fondu à 90 millions de livres (98,2 millions d'euros), soit une chute de 70 %.

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