Les enjeux du nouveau vote crucial au Parlement britannique — Brexit

Claudine Rigal
Septembre 4, 2019

Selon des informations de la BBC, ils souhaitent imposer un nouveau report du Brexit, de trois mois, au 31 janvier - alors que Boris Johnson a encore répété lundi 2 septembre qu'il ne demanderait " sous aucune circonstance " un délai à Bruxelles, réaffirmant que son pays sortirait coûte que coûte le 31 octobre. La tenue du scrutin doit à cette occasion être confirmée par un vote aux deux tiers de la Chambre des communes.

Quel est l'objet du vote de mardi soir?

En cette rentrée parlementaire, le Premier ministre britannique Boris Johnson a perdu la main au Parlement qui lui a infligé un cinglant revers. Présentée par le député travailliste Hilary Benn, l'initiative parlementaire vise à "s'assurer que le Royaume-Uni ne quittera pas l'UE avant le 31 octobre sans accord, si le Parlement n'y consent pas", a détaillé le député sur Twitter.

Les opposants au "no deal", qui comprennent les conservateurs les travaillistes, les démocrates libéraux (lib-dems), les Verts ou les indépendantistes écossais du SNP, redoutent les conséquences désastreuses d'un tel scénario. "Toutefois, " si les députés décident de détruire sa position dans les négociations " (en poussant pour écarter un " no deal ", ndlr), et qu'une élection a lieu, cela se passera avant le Conseil européen du 17 et 18 octobre", a-t-il affirmé.

Les élus de l'opposition pourraient bénéficier du soutien de conservateurs rebelles pour voter un tel texte, même si Boris Johnson a menacé d'exclusion du parti les Tories qui seraient tentés d'agir ainsi. L'article 50 est celui qui prévoit le retrait d'un membre de l'Union européenne.

Le chef de file des eurosceptiques a cependant émis des doutes sur les intentions réelles de Boris Johnson.

Avec une très faible majorité au parlement (la majorité absolue ne lui revient que d'une seule voix), le Premier ministre britannique a peu de marge de manoeuvre.

Mardi matin, près de Westminster, des manifestants anti Brexit agitaient des drapeaux européens tandis qu'un homme déguisé en Boris Johnson faisait mine d'actionner une " bombe +no deal+ ".

Et jeudi, une audience à Londres portera sur une action intentée par la femme d'affaires et militante anti-Brexit Gina Miller et soutenue par l'ancien Premier ministre conservateur John Major. A l'approche de la sortie programmée (pour le 31 octobre) du Royaume-Uni de l'Union européenne, la manœuvre fait bondir de son transat le président de la chambre basse du Parlement.

"Tout le monde dans ce gouvernement veut un accord, mais c'est vraiment cette Chambre des Communes qui a rejeté trois fois l'accord de sortie (conclu entre l'ex-cheffe du gouvernement Theresa May et Bruxelles) et il ne peut tout simplement pas être ressuscité", a-t-il poursuivi.

Des élections anticipées en cas de défaite?

Avec une voix de différence, le chef du gouvernement perd sa majorité au parlement.

Si son issue est négative pour le gouvernement, Boris Johnson présentera dans la foulée une motion pour organiser des élections législatives le 14 octobre, selon un responsable gouvernemental.

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