Les prix à la pompe vont-ils augmenter rapidement — Flambée du pétrole

Xavier Trudeau
Septembre 19, 2019

Cela devrait bel et bien être le cas: selon Francis Duseux, président de l'Union qui l'a déclaré auprès de l'AFP, la hausse devrait intervenir "assez rapidement ", elle sera de l'ordre de 4 à 5 centimes.

Le gouvernement français demande aux acteurs du secteur pétrolier une certaine "modération" quant à la possible hausse des prix du carburant après la flambée des cours du brut consécutive aux attaques en Arabie Saoudite.

"Si cette envolée est un feu de paille et que ce soir on a déjà largement réduit le +10% (de hausse des cours) qu'on avait ce matin, la conséquence va être mesurée sur les prix à la pompe", relativise M. Pousse. En priorité, du temps nécessaire pour réparer les installations pétrolières endommagées. "Toute la chaîne des produits fabriqués dans les raffineries vont voir leurs prix augmenter, dans les jours voire les semaines qui viennent", a-t-il précisé, ajoutant que l'augmentation de 4 à 5 centimes pourrait être constatée rapidement et possiblement être durable.

En bourse, ça n'a pas manqué, les prix ont augmenté: après avoir bondi de 20 % à Londres en début de matinée (la plus grande envolée depuis la première guerre du Golfe, en 1991), le baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne, gagnait dans la matinée de lundi 6,65 dollars, soit 11,04 %, tandis que la référence américaine, le WTI prenait 5,38 dollars, soit une augmentation de 9,81%. Sans que celle-ci n'ait le moindre lien avec " l'Etat", contrairement à ce qu'affirme le coup de gueule partagé sur Facebook, puisque ses taxes sur le carburant - qui représentent environ 60 % du prix final payé par le consommateur - sont appliquées après coup.

C'est donc cette fraction d'environ un tiers du prix à la pompe qui suit l'augmentation des cours.

Comment sont fixés les prix à la pompe? .

Le sujet est d'autant plus sensible qu'il a été à l'origine, à l'automne 2018, du mouvement des "gilets jaunes".

Autre raison qui fait plutôt pencher la balance vers une augmentation mesurée des prix: l'intérêt majeur de la grande distribution à maintenir ce produit d'appel très intéressant.

Interrogé sur franceinfo, le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a relativisé: "Je rappelle qu'on est au niveau du pétrole de mai dernier et, en l'état, nous ne sommes pas dans une crise telle que nous l'avons connue en 2008 avec des prix qui avoisinaient les 150 dollars [le baril]".

Sur un litre de carburant à 1,50 euro, on paye 1 euro de taxes.

Il est en fait difficile de prédire durablement la réaction des marchés, mais, dans tous les cas, la hausse ne sera pas aussi immédiate que ne le craint l'Ufip. Depuis une semaine, le SP9, qui s'affichait en moyenne à 1,497 €/litre, a pris 0,4 centime le litre.

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