Les usines de General Motors à l'arrêt en raison d'une grève massive

Xavier Trudeau
Septembre 19, 2019

La mobilisation sera un test pour Mary Barra, la directrice générale du groupe, mais aussi pour le syndicat UAW, dont les caisses de grève ne prévoient de verser que 250 dollars par semaine aux ouvriers grévistes, bien en-dessous de leur rémunération. Toyota, Daimler et GM, qui représentent à eux trois 20% du marché dans le monde, sont inquiets du ralentissement du marché chinois et de la guerre commerciale sino-américaine.

"Nous sommes en grève depuis minuit", a déclaré M. Rothenberg, environ 46 000 salariés de GM travaillant sur 31 usines étaient en grève, surveillée de près par la classe politique à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle au cours de laquelle les emplois industriels seront un des grands enjeux.

Le dialogue se poursuit entre les deux parties, GM et l'UAW devant se retrouver autour de la table des négociations aux alentours de 10H heure locale a indiqué M. Rothenberg.

"Je ne veux pas que GM construise des usines en Chine, dans d'autres pays (.) GM réalise la majorité de ses bénéfices aux États-Unis", a déclaré le président, Donald Trump, disant espérer que la grève soit de "courte durée".

Le syndicat demande à ses membres employés sur les chaînes de Ford et Fiat Chrysler de continuer de travailler, en dépit de l'expiration lundi à zéro heure du contrat type en vigueur depuis 2015 dans les usines des trois géants historiques de l'automobile aux États-Unis.

GM et l'UAW discutent depuis juillet sur un nouveau contrat de travail pour les prochaines années. Le syndicat et la direction de General Motors ne trouvent pas de terrain d'entente sur les salaires, le statut des travailleurs temporaires, les soins de santé et la sécurité de l'emploi.

Selon le lobby Alliance of Auto Manufacturers, l'industrie automobile soutient 9,9 millions d'emplois directs et indirects aux États-Unis et compte pour environ 3% du Produit intérieur brut (PIB).

" Nous avons négocié de bonne foi et avec un sentiment d'urgence", argue GM ajoutant vouloir " bâtir un avenir solide pour les employés et l'entreprise ".

Le constructeur estime par ailleurs avoir proposé des améliorations " substantielles " des salaires, des avantages sociaux et de la croissance des emplois aux États-Unis. Enregistrant une hausse de son profit net de 1,2% à 2,41 milliards de dollars au deuxième trimestre.

Cette grève risque de coûter une dizaine de millions de dollars par jour à GM, mais son coût pourrait s'alourdir si elle s'allongeait, dit-on en interne.

Selon le Wall Street Journal, le constructeur n'aurait pas connu une grève d'une telle ampleur depuis plus d'une décennie.

Cette grève est aussi une épreuve cruciale pour l'UAW, en proie à une érosion de ses membres et secoué par un scandale de pots-de-vin.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL