L'Iran va encore réduire ses engagements — Nucléaire

Claudine Rigal
Septembre 4, 2019

Rohani, qui s'exprimait devant le Parlement, a également déclaré que la République islamique pourrait réduire encore davantage ses engagements en matière nucléaire "dans les prochains jours" si "d'ici à jeudi [le 5 septembre, ndlr]", les négociations sur le sujet avec les Européens "n'aboutissent à aucun résultat", relate l'AFP.

" L'Europe a un autre délai de deux mois pour les négociations, l'accord et le retour à ses engagements ", a averti Rouhani lors d'une réunion du cabinet mercredi.

Ses effets seront "remarquables", a-t-il dit sans plus de précisions.

La tension entre les deux pays - qui n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980 et dont les dirigeants se vouent mutuellement aux gémonies - a failli tourner à l'affrontement militaire direct en juin.

Pour l'instant, "les Etats-Unis intensifient leur campagne de pression maximale", a-t-il encore insisté, annonçant de nouvelles sanctions contre un "réseau" de transport maritime accusé de vendre illégalement du pétrole iranien au régime syrien de Bachar al-Assad au profit des Gardiens de la révolution, le corps d'élite de l'armée iranienne, et du mouvement chiite libanais Hezbollah. Rappelons que l'accord de Vienne offre à l'Iran la levée d'une partie des sanctions internationales à son endroit en échange d'une limitation drastique de son programme nucléaire destinée à rendre impossible l'acquisition de l'arme atomique par la République islamique. Un cadre qui implique dans les pourparlers les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Grande-Bretagne, États-Unis, France et Russie) plus l'Allemagne, soit les six pays qui avaient négocié cet accord.

En mai, un an après le retrait des Etats-Unis, qui prive l'Iran des retombées économiques qu'il attendait de ce pacte, Téhéran a commencé à se désengager de certains de ses engagements en vue de forcer les autres parties à l'aider à contourner les sanctions américaines.

Hassan Rohani a fait état de progrès dans ces négociations avec les Européens, même s'il n'y a pas encore d'"accord définitif".

Selon Irna, M. Araghchi, qui était lundi à Paris avec une équipe de négociateurs iraniens, a indiqué que les discussions portaient sur le possible déblocage d'une ligne de crédit " d'environ 15 milliards de dollars sur quatre mois ".

Mardi, le président iranien avait déclaré que l'Iran restait prêt à discuter avec ses partenaires même en cas de mise en œuvre de sa " troisième phase ".

L'Iran a ainsi augmenté ses stocks d'uranium enrichi au-delà de la limite fixée par l'accord de Vienne et porté ses activités d'enrichissement à un niveau prohibé par ce texte (plus de 3,67%).

Selon une source diplomatique française, le montant de 15 milliards de dollars mentionné par M. Araghchi correspond à environ un tiers des exportations iraniennes d'hydrocarbure en 2017, et les fonds avancés grâce à la ligne de crédit en cours de négociation seraient remboursés via des ventes futures de pétrole. Mais faut-il auparavant que les Etats-Unis desserrent l'étau en allégeant leurs sanctions contre les ventes de pétrole iranien?

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