Nissan. Déjà fragilisé, son directeur général avoue avoir été trop payé

Xavier Trudeau
Septembre 6, 2019

Cette modification a permis à l'homme d'affaires japonais de toucher plus de 400.000 dollars de rémunération supplémentaire, selon Greg Kelly, ancien responsable de Nissan chargé du calcul des rémunérations.

Reuters, citant une source au fait de la question, a rapporté jeudi qu'une enquête interne à Nissan a établi que Hiroto Saikawa et d'autres dirigeants du groupe ont reçu une rétribution inappropriée. " Je suis profondément désolé de l'inquiétude que j'ai causée ", a-t-il expliqué, selon des propos rapportés par l'agence Jiji. Dans une lettre interne que Les Echos avait consulté en novembre dernier, Hiroto Saikawa écrivait à propos de l'affaire qui secouait le groupe, sans citer directement le nom Carlos Ghosn dont il était proche: "ce que nous avons trouvé dans notre enquête interne est intolérable (.)".

"Le président et directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, qui avait sévèrement critiqué son prédécesseur, Carlos Ghosn, pour sa rémunération douteuse, se retrouve aujourd'hui dans le collimateur pour la même raison", relève l'Asahi Shimbun ce jeudi 5 septembre. Cet aveu intervient après que des articles de presse ont fait état de résultats d'investigations internes à Nissan sur ces possibles rétributions excédentaires, liées au cours des actions Nissan dont aurait bénéficié M. Saikawa et d'autres dirigeants. "Il n'y a rien d'illégal", a-t-elle ajouté.

Cette rétribution indue, qui s'élèverait à plusieurs dizaines de millions de yens (plusieurs centaines de milliers d'euros), a été révélée lors d'une réunion de la commission d'audit de Nissan mercredi, a déclaré la source.

Dans la presse nippone, Greg Kelly avait, notamment, souligné qu'il avait lui-même apposé sa signature sur un document avalisant une minoration de revenus de Carlos Ghosn et qu'il avait enfreint les règles de la compagnie pour s'offrir une propriété à Tokyo.

La position de Hiroto Saikawa à la tête de Nissan "est à présent encore plus fragile qu'avant", parce que "l'intégrité est requise" pour un dirigeant, tout autant que les performances de son groupe, a estimé Tatsuo Yoshida, analyste automobile chez Bloomberg Intelligence interrogé par l'AFP.

→ Les bénéfices et des ventes de Nissan dégringolent ce qui a entamé une profonde restructuration de ses activités de production dans le monde. Libéré sous caution, l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan prépare actuellement son procès.

M. Saikawa a alors été reconduit dans ses fonctions, malgré le désaveux de certains actionnaires.

À la suite des déclarations du jour, Nissan a reporté sine die une importante émission obligataire de 250 milliards de yens (2,12 milliards d'euros) initialement prévue jeudi.

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