Précédent Sanctionnée par la Redoute pour avoir mangé une clémentine en travaillant

Xavier Trudeau
Septembre 10, 2019

L'avocat de Smaïl Bella confie que "c'est la première fois que je rencontre une sanction de ce type pour un comportement tel que celui là" Il l'estime "complètement déconnectée de la réalité, totalement disproportionnée par rapport à ce qu'on peut reprocher au salarié".

La direction de la Redoute considère qu'il a enfreint le règlement intérieur, et fait courir le risque d'une " détérioration potentielle de la chaîne ". Son employeur lui reproche d'avoir mangé une clémentine à côté de son poste de travail, en dehors de l'heure autorisée de la pause, mettant en danger la chaîne de production.

" L'affaire " remonte au 7 novembre 2017. Il a mangé une clémentine peu avant 9h. Il a reculé pour s'asseoir sur un banc et manger son fruit, puis "faute de poubelle", a pris "diligemment" les épluchures avec lui et les a posées sur son poste. Après un constat d'incident, le travailleur a été sanctionné par une mise à pied d'une journée, soit 70 euros bruts de salaire, puisque selon le règlement l'usine à colis de Wattrelos, où travaille Smaïl Bella, il est interdit de manger pendant les heures de travail. C'est à ce moment-là qu'il est repéré par une agente de maîtrise. Il lui est également reproché d'avoir laissé sur son poste des épluchures qu'il était sur le point de jeter. "Non", a avancé lors de l'audience son avocate Me Aurélie Bertin, pour qui cette affaire " symbolise " la " déshumanisation " des conditions de travail du nouvel entrepôt de logistique " Quai 30 ", depuis la restructuration de l'entreprise et les 1.200 licenciements en 2014. Ce n'est pas anecdotique ", a souligné l'avocate de l'entreprise Me Noémie Dupuis, pour qui la sanction est " graduée. Le jugement doit être rendu le 14 novembre prochain.

La Redoute avait été condamnée en juin pour avoir retenu sur salaires le temps de déplacement de ses salariés jusqu'au lieu de pause, soit 4 à 5 minutes chaque jour.

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