Un manifestant, qui accuse un policier de l’avoir étranglé, porte plainte — Nantes

Pierre Vaugeois
Septembre 5, 2019

L'enquête sur la mort de Steve Maia Caniço change de juridiction.

24 heures après la publication d'un article sur le site d'informations en ligne Mediapart, le procureur de la République de Nantes confirme ce mercredi qu'une enquête a été ouverte après la plainte d'un homme qui participait au rassemblement en hommage à Steve Maia Caniço, le 3 août dernier à Nantes. Une réponse à une demande formulée il y a un mois par les deux juges d'instruction nantais en charge de l'enquête pour homicide involontaire, relative au décès de ce jeune homme dont le corps avait été découvert dans la Loire le 29 juillet, cinq semaines après qu'il eut disparu le soir de la Fête de la musique. "J'ai reçu des éléments d'information que j'ai demandés, dans le cadre d'une enquête, à faire préciser", a-t-il expliqué. En amont de cette interpellation (qui a débouché sur une hospitalisation et une garde à vue), l'homme a affirmé avoir été provoqué par les forces de l'ordre qui reprochent, elles, un jet de bouteille dans leur direction.

"La famille a confiance dans les services enquêteurs", a-t-elle souligné auprès de l'AFP, relevant qu'ils ne souhaitaient pas s'exprimer directement par "souci de discrétion".

Des participants au sound-system en bord de Loire avaient relaté avoir été aveuglés par un nuage de gaz lacrymogène, certains avaient chuté dans le fleuve. Steve Maia Caniço ne savait pas nager.

Ce rapport était attendu ce mercredi, mais un délai supplémentaire a été demandé au ministre de l'Intérieur pour rendre ses conclusions.

Les conclusions de l'IGA doivent permettre, selon le Premier ministre Édouard Philippe d'"aller plus loin" que celles de l'enquête administrative de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), rendues fin juillet et qui n'avait pas pu établir de "lien" entre l'intervention de la police et la disparition de Steve Maia Caniço. Enfin, l'IGPN a été saisie d'une enquête judiciaire pour "mise en danger de la vie d'autrui et violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique".

Dix policiers blessés lors de la Fête de la musique ont aussi porté plainte et ces plaintes ont été adressées pour enquête à la police judiciaire.

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