" Alice et le maire ", une brillante comédie politique désenchantée — Critique

Pierre Vaugeois
Octobre 7, 2019

Tout le monde le répète depuis le début des avant-premières d'Alice et le Maire: non, ce film n'est pas un biopic de Gérard Collomb.

Fabrice Luchini a eu lui-même l'idée de rencontrer des édiles. Alice et le maire parle (beaucoup) de politique et de philosophie.

Quant au contenu, il est à la fois nostalgique et utopiste. De cette évaporation du désir, Nicolas Pariser a extrait l'essence de son second long-métrage, comédie dont la douceur égale l'amertume, élégante élégie pour la démocratie représentative. Un dialogue se noue, qui rapproche Alice et le maire et ébranle leurs certitudes. Pour Fabrice Luchini, les maires qu'il a rencontrés sont "des saints laïcs". Il fait se croiser ses deux personnages, dans des moments de parenthèse par rapport à la vie officielle (administrative ou publique), érigeant la philo en opposition à la psychanalyse ou au coaching (vulgaire), et permettant de montrer le fonctionnement d'un cabinet uniquement au travers du regard extérieur qu'incarne Alice, en observatrice détachée. À cause de ce détail, des esprits brillants (ou égocentrés?) croient depuis le tournage à Lyon il y a un an tout juste quAlice et le maire est un film à clés et quil faut trouver entre les lignes des allusions à la situation politique locale – dautant que lactuelle configuration municipale na pas grand-chose à voir avec celle de septembre 2018. Quil ne renonce pas pour autant à découvrir ce film qui, certes, valorise leur ville par force plans avantageux (Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma sera ravi), mais surtout leur montrera que les affaires de la Cité ont davantage besoin de réflexion que de passion, dimpulsions ou de tractations. Certes fable, l'œuvre bavarde tient parfois du documentaire dans les coulisses du pouvoir local, lyonnais de surcroît.

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