Après la mort de soldats, des Maliens manifestent malgré le deuil national

Claudine Rigal
Octobre 3, 2019

Plusieurs centaines de femmes se sont rassemblées, mercredi 2 octobre, devant un camp de parachutistes pour exprimer leur exaspération après la mort d'au moins 25 soldats dans des combats avec les jihadistes.

Il s'agit d'un des coups les plus durs essuyés par l'armée malienne depuis des mois, mais aussi par la force des pays du G5-Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad et Niger), dont relève un des bataillons maliens attaqués.

Le bilan du côté des FAMa, après cette attaque, est de " 25 morts, quatre blessés, une soixantaine de portés disparus et de lourdes pertes en matériel", poursuit le ministre malien en charge de la Communication, qui révèle que les blessés ont été " évacués par aéronefs FAMa sur Sévaré ".

Le gouvernement précise cependant que l'armée malienne est parvenue à reprendre et conserver le contrôle des positions attaquées à Boulkessi et, à une centaine de kilomètres de là, à Mondoro.

Les opérations de "ratissage" de la zone, "qui se poursuivent", ont permis à onze soldats de regagner leur base, a indiqué dans la soirée l'armée malienne.

Ces hostilités sont une nouvelle illustration de la dégradation continue de la situation sécuritaire dans le pays en proie depuis 2012 aux insurrections indépendantistes, salafistes et jihadistes, et aux violences interethniques meurtrières.

Elles mettent une fois de plus en lumière l'incapacité du pouvoir central à contrôler de larges pans du territoire, malgré l'appui de missions armées française, africaine et onusienne.

Des éléments appartenant au groupe Ansaroul Islam, selon la Force du G5-Sahel, ont lancé l'offensive, le 30 septembre, contre le bataillon malien de la force à Boulkessy, près de la frontière avec le Burkina Faso.

Les positions de Boulkessy sont tombées entre les mains des assaillants. De lourds moyens, y compris aériens, et des forces spéciales ont été engagées pour les reprendre, a indiqué une source militaire à l'AFP.

"Ce déploiement a permis aux FAMa de neutraliser " au moins 15 terroristes " et de " réoccuper le camp (...) ce mardi 1er octobre, soir, (...) malgré les tirs d'harcèlement des terroristes", affirme le communiqué du gouvernement.

Quant à Mondoro, la reprise de contrôle par les forces maliennes y étaient confirmées mardi matin.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL