Avant le synode, le pape François critique "l’avidité des nouveaux colonialismes" — Amazonie

Claudine Rigal
Octobre 7, 2019

En ouvrant les travaux du synode sur l'Amazonie, dimanche au Vatican, le pape François a exhorté les 200 évêques venus de cette région du monde à sortir de la "timidité" et de la "crainte" pour rompre le "statu quo" et ouvrir de "nouvelles voies" pour la "mission" car "Jésus n'est pas venu apporter la brise du soir mais le feu sur la terre". Il sera composé majoritairement d'évêques venus de la région panamazonienne qui touche neuf pays.

Le document de travail du synode, fruit notamment d'une vaste consultation locale en Amazonie (260 événements impliquant 80 000 personnes), dénonce avec précision les injustices sociales voire les assassinats de la région.

" Le feu allumé par des intérêts qui détruisent, comme celui qui a récemment dévasté l'Amazonie, n'est pas celui de l'Évangile ", a martelé le pape François, en notant que ce type de feu " dévastateur " vise notamment à " brûler les diversités pour uniformiser tous et tout ".

Regrettant que l'Eglise ait souvent participé dans le passé à la "colonisation" à travers une évangélisation "imposée", il a mis en garde contre "l'avidité des nouveaux colonialismes" en présence. Il a espéré que le synode, qui discutera de propositions innovantes mais controversées, "renouvelle les chemins de l'Eglise en Amazonie".

Dans ce contexte hostile, le cardinal brésilien Claudio Hummes, président du Réseau ecclésial pan-amazonien (REPAM) et rapporteur du synode, a répété que l'Eglise respectait "la souveraineté nationale" du Brésil. Jonas Marcolino, de l'ethnie brésilienne des Macuxi, y défendait le développement économique de la forêt amazonienne. "Je déplore que le synode n'ait invité aucun indigène qui pense différemment des missionnaires", a-t-il confié samedi à l'AFP, alors qu'il participait à une conférence d'un institut catholique brésilien ultra-conservateur.

S'il est largement dédié aux questions amazoniennes, le synode abordera aussi la possibilité d'ordonner prêtres des hommes mariés d'âge mûr préférablement autochtones, pour répondre à la crise des vocations, et la place des femmes dans les ministères.

Des questions explosives qui resteront à l'état d'avis donnés au pape, qui rédigera son propre texte après le synode.

Le pape a aussi appelé les évêques à ne "pas être des fonctionnaires" plus occupés par leur fonction que par une action "missionnaire" concrète sur le terrain.

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