Bientôt un vaccin pour les garçons — Papillomavirus

Evrard Martin
Octobre 31, 2019

Le but étant de "freiner la transmission" de ce virus. "La HAS recommande l'élargissement de la vaccination anti-HPV (...) pour tous les garçons de 11 à 14 ans révolus (...), avec un rattrapage possible pour tous les adolescents et jeunes adultes de 15 à 19 ans révolus", détaille le projet d'avis, qui sera soumis à une consultation publique pendant quatre semaines.

Actuellement, la vaccination contre les HPV est seulement recommandée pour les jeunes filles (11 à 14 ans, avec un rattrapage vaccinal possible entre 15 et 19 ans révolus), et pour les jeunes hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), pour prévenir l'apparition de cancers du col de l'utérus, de la vulve, du vagin et des cancers anaux.

Pour l'heure, seules 30% des jeunes filles sont vaccinées contre le papillomavirus en France. Un chiffre bien inférieur à l'objectif de 60% fixé par le "plan cancer 2014-2019". Elles sont responsables de 90% des cancers du col de l'utérus, mais aussi de 80% des cancers de l'anus car les localisations et les atteintes provoquées par ce papillomavirus évoluent avec les pratiques sexuelles. On diagnostique chaque année 6300 nouveaux cancers liés au papillomavirus dont 1700 cancers ORL. En France, environ 1.750 nouveaux cas de cancers causés par le HPV sont détectés chaque année chez des hommes contre 4.580 chez des femmes.

Outre des arguments purement médicaux en faveur de l'élargissement de ce vaccin, la HAS souligne que "la stratégie de vaccination actuelle peut engendrer un non-respect de la vie privée et une stigmatisation liée à l'orientation sexuelle". Comme chez les jeunes filles, l'organisme public recommande d'utiliser le Gardasil 9, nouveau vaccin commercialisé par MSD Vaccins (groupe Merck), qui protège contre neuf types de HPV, contre quatre pour le précédent. Les coûts en santé des infections à HPV en France représentent plus de 500 millions d'euros par an, a insisté l'Académie de médecine dans un rapport publié fin septembre, qui déplore que la vaccination des filles - " inférieure à 20 % ", soit " la plus basse d'Europe ".

D'ici là, l'instance de santé publique espère recueillir l'avis "de tous les acteurs concernés par la politique vaccinale tels que les associations de patients et d'usagers du système de santé, les collèges nationaux professionnels, les sociétés savantes, les institutions publiques, les industriels, etc". ". Les membres de la commission technique des vaccination établiront ensuite la version finale de la recommandation".

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