Biya lâche du lest face à l'opposition nationale et séparatiste anglophone — Cameroun

Claudine Rigal
Octobre 6, 2019

La présidence précise cependant qu'il s'agit de l'arrêt des poursuites "devant les tribunaux militaires ". Ils avaient été arrêtés et emprisonnés fin janvier à la suite des manifestations organisées par le MRC pour protester contre les résultats officiels de la présidentielle.

Le président camerounais Paul Biya a annoncé vendredi l'arrêt des poursuites contre des responsables de l'opposition quelques heures après la clôture du Grand dialogue national censé mettre fin au conflit séparatiste qui ensanglante les deux régions anglophones du pays.

"Je ne sais pas si Maurice Kamto est concerné ou pas" par ce geste, a affirmé à l'AFP le troisième vice-président de son parti, Emmanuel Simh.

Lui et plus de 90 de ses partisans étaient, depuis, poursuivis par la justice militaire, notamment pour "insurrection", un crime passible de la peine de mort, même si celle-ci n'est plus appliquée au Cameroun.

La veille, le président avait déjà annoncé la fin des poursuites et la libération de 333 personnes arrêtées dans le cadre de cette crise.

Le Cameroun, pays perçu pendant des années comme un relatif havre de paix en Afrique centrale, est confronté aujourd'hui à de multiples crises.

Dans son post, le président Paul Biya félicite les Camerounais et rassure les uns et les autres que toutes les recommandations qui ont été formulées au cours du dialogue national, feront l'objet d'un examen attentif et diligent dans la perspective de leur mise œuvre, en tenant compte de leur opportunité et de leur faisabilité, mais aussi des capacités de la nation camerounaise.

En effet, dans un communiqué du 03 octobre 2019, signé par le ministre d'Etat, secrétaire général à la présidence de la république, Ferdinand Ngoh Ngoh; le président camerounais aurait décidé d'amnistier les prisonniers et détenus liés à la crise anglophone.

Depuis le début de l'année, les pressions internationales exercées sur Yaoundé tant pour exiger une résolution de la crise dans l'Ouest anglophone que pour demander la libération de M. Kamto se sont intensifiées.

Washington avait déclaré en mars qu'il serait "sage de le libérer", suivi de près par l " Union européenne, qui avait parlé de "procédure disproportionnée". Selon lui, "qu'on le veuille ou non, le MRC décide de la météo politique au Cameroun et on ne peut pacifier le pays en maintenant ses responsables en prison ".

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