Boris Johnson n'a pas encore convaincu Bruxelles et l'Irlande — Brexit

Claudine Rigal
Octobre 3, 2019

Selon le journal The Telegraph, la nouvelle proposition britannique prévoit que l'Irlande du Nord reste dans le marché unique européen jusqu'en 2025, tout en formant une union douanière avec le Royaume-Uni.

L'ex-maire de Londres soulignera aussi, sans équivoque, que si Bruxelles ne saisit pas cette offre, il mettra un terme aux négociations et le Royaume-Uni sortira sans accord de l'UE le 31 octobre. Il aura fallu attendre la fin d'après-midi pour savoir ce que Londres avait vraiment derrière la tête, tout du moins sur la frontière irlandaise: son plan, qui remplace le "backstop" décrié du précédent accord, prévoit que l'Irlande du nord appartienne à la même zone douanière que la Grande-Bretagne, mais que la province britannique conserve les régulations de l'UE pendant une période de transition.

À 29 jours de la date prévue pour le départ du Royaume-Uni de l'UE, le temps presse pour trouver un accord de divorce.

"Je ne vais pas prétendre que ce sera facile (.) mais nous avons fait d'énormes progrès et j'espère que nous y arriverons dans les prochains jours", a déclaré mardi soir Boris Johnson lors d'un événement organisé en marge du congrès des tories à Manchester. Dans aucune circonstance, nous n'effectuerons de contrôles à la frontière ou près de la frontière en Irlande du Nord.

Selon ses services, ces propositions formelles doivent permettre de conclure "un compromis juste et raisonnable" pour éviter un Brexit sans accord, aux conséquences potentiellement chaotiques pour l'économie britannique.

Le conseiller de Boris Johnson, David Frost, est arrivé à Bruxelles mercredi où il a déjà eu une réunion de travail avec les collaborateurs de Michel Barnier.

"Mettons en oeuvre le Brexit le 31 octobre afin qu'en 2020, notre pays puisse passer à autre chose".

"Réalisons le Brexit!", doit-il dire devant les militants lors d'une prise de parole en fin de matinée, se présentant comme le sauveur du Brexit, voté en 2016 par 52% des Britanniques, face au leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, qui a refusé de prendre position en faveur du retrait ou du maintien.

Un appel du pied du dirigeant tory aux électeurs soutenant le "Leave" alors que se profilent des élections générales anticipées au Royaume-Uni.

Jusqu'ici, la stratégie de Boris Johnson a systématiquement été mise en échec par le Parlement, où il ne dispose plus de majorité. Les tensions avec les députés ont atteint un nouveau paroxysme la semaine dernière après l'annulation par la Cour suprême de sa décision de suspendre le Parlement durant cinq semaines.

De son côté, le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a estimé que les propositions présentées par Boris Johnson ne remplissaient "pas complètement" les objectifs au sujet de la frontière irlandaise. Une seule source anonyme est citée dans l'article et les partisans de cette loi ne se sont pas privés de répondre qu'ils n'avaient pas besoin d'experts étrangers pour rédiger une loi britannique.

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