Coup de théâtre avant la présidentielle en Tunisie: le candidat Karoui libéré

Pierre Vaugeois
Octobre 10, 2019

Même si, en ce qui concerne Kaïs Saïed, il s'agirait plutôt d'une confirmation, puisqu'il a déjà donné son accord lors du débat relatif au premier tour, et que le porte-parole de sa campagne Naoufel Saïed, son frère, a déclaré hier soir, à une chaîne de télévision, que le candidat est prêt pour le débat du second tour.

La solution d'un gouvernement de technocrates est également évoquée par nombre de commentateurs politiques, d'autant qu'Ennahdha a gardé un souvenir cuisant de l'échec de sa première expérience à la tête d'un gouvernement en 2011-13.

Sorti de prison il a fait un tour à son QG avant de rejoindre son domicile.

La veille de sa sortie de prison, l'homme d'affaires tunisien, et président du parti Qalb Tounès, accusé de blanchiment d'argent et de fraude fiscale, avait déposé un recours en justice pour demander le report du scrutin de dimanche prochain.

Toutes les demandes de remise en liberté avaient jusque là été rejetées, la dernière en date le 1er octobre.

Le parti fondé il y a six mois par M. Karoui, Qalb Tounes, est arrivé second aux législatives de dimanche selon plusieurs sondages -les résultats préliminaires sont attendus mercredi.

Ennahdha devance le parti du candidat à la présidentielle Nabil Karoui, Qalb Tounes, créé en juin et qui rentre au Parlement avec 38 sièges.

Et entre les deux tours de la présidentielle, l'élection législative du 6 octobre vient compliquer la situation. Karama (Dignité), un mouvement islamo-populiste formé récemment par l'avocat Seifeddine Makhlouf, connu pour avoir assuré la défense de salafistes présumés, a remporté 21 sièges. Le Parti destourien (constitutionnel) libre de l'avocate anti-islamiste Abir Moussi a récolté 17 sièges, détaille le quotidien tunisien.

Ces résultats confirment l'émiettement du Parlement, entre des formations profondément divergentes, augurant de négociations ardues pour former un gouvernement puis légiférer.

Il lui reste deux jours pour faire campagne, durant lesquelles il est invité à participer à un débat télévisé inédit avec son adversaire vendredi soir. À noter que Kaïs Saïed, qui se présente en candidat indépendant sans parti politique, ne dispose pas d'une représentation parlementaire.

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