En guerre ouverte avec Trump, les démocrates poursuivent leur enquête — Destitution

Claudine Rigal
Octobre 16, 2019

Malgré la guerre déclarée par Donald Trump au Congrès américain, les démocrates ont poursuivi vendredi leur enquête pour constituer un dossier de mise en accusation ("impeachment") du président républicain, avec l'audition très attendue d'une ancienne ambassadrice des Etats-Unis en Ukraine.

Mais malgré l'interdiction de la Maison Blanche, une brèche s'est ouverte vendredi pour les démocrates avec, coup sur coup, le témoignage de la diplomate Marie Yovanovitch et l'annonce que l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, acceptait de venir à son tour jeudi prochain. Ils ont riposté en lui adressant une assignation et la diplomate était finalement entendue au Congrès depuis 10H00 (14H00 GMT).

Dans sa déclaration d'ouverture obtenue par l'Associated Press, M Yovanovitch affirme qu'elle a été rappelée " brusquement " en mai et informée que le président avait perdu confiance en elle. Lors de son entretien téléphonique avec Volodymyr Zelensky, M.Trump a exercé selon eux une pression sur Kiev en liant implicitement l'enquête sur Joe Biden au déblocage d'une aide financière américaine.

Cette demande est au coeur de l'enquête ouverte par l'opposition en vue d'une procédure de destitution contre le milliardaire, qui n'est que le quatrième président américain de l'histoire à subir une telle procédure.

Le département d'Etat n'a pas donné suite cette semaine aux questions de l'AFP pour savoir si la diplomate tomberait également sous le coup d'une interdiction de témoigner et si elle risquait des sanctions en acceptant malgré tout de témoigner. L'ancien vice-président, Joe Biden, qui pourrait être son adversaire démocrate lors de la présidentielle de novembre 2020?

Face à une foule de casquettes rouges et de tee-shirts frappés du slogan "Les policiers avec Trump", le président américain, déchaîné, a laissé éclater sa frustration.

Cette dernière fait partie des quatre élues du Congrès issues de minorités auxquelles le président américain avait conseillé de "retourner" dans les pays d'où "elles viennent", alors même que trois d'entre elles sont nées aux Etats-Unis. "Elle est l'une des raisons pour lesquelles nous gagnerons le Minnesota", a-t-il conclu. "Les démocrates se sont embarqués dans une croisade pour détruire notre démocratie. Nous ne les laisserons pas faire", a-t-il déclaré. "Que veulent-ils-faire? Destituer le président!"

Le Président s'en est aussi pris aux élus qui mènent l'enquête "partisane et anticonstitutionnelle", selon les termes de l'avocat de la Maison-Blanche, en vue d'une éventuelle destitution. "Quel que soit l'institut de sondage qu'ils utilisent, ce sont des tocards", a-t-il ajouté, avant de regretter que la chaîne prisée des conservateurs soit très différente de ce qu'elle était "au bon vieux temps".

Le même jour, les démocrates ont exigé la coopération de deux hommes d'affaires proches de l'avocat du Président, arrêtés dans une procédure distincte, alors qu'ils allaient quitter les Etats-Unis.

Ils sont soupçonnés d'avoir servi d'émissaires à Rudy Giuliani, l'avocat personnel du Président, dans ses efforts pour convaincre l'Ukraine de livrer des informations compromettantes sur Joe Biden, possible adversaire de Donald Trump lors de la présidentielle 2020. Le sénateur Lindsey Graham, qui soutient d'ordinaire Donald Trump mais l'accuse cette fois d'avoir "honteusement abandonné" les Kurdes, a dévoilé, avec un élu démocrate, une proposition visant à sanctionner sévèrement Ankara si l'armée turque et ses supplétifs ne se retiraient pas de Syrie.

Deux des associés de l'avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, font actuellement l'objet de poursuites pour violation des lois sur le financement des campagnes électorales.

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