François Fillon: "Macron pour un sursaut européen? Pourquoi pas?"

Pierre Vaugeois
Octobre 10, 2019

L'ex-candidat de la droite à la présidentielle a établi une comparaison avec ce qu'il a connu, lorsqu'il était au gouvernement sous la présidence Chirac: "Je vais être un peu prétentieux mais quand j'étais ministre des Affaires sociales [2002-2004], j'ai fait une réforme des retraites, j'ai mis deux millions et demi de personnes dans la rue". L'ancien Premier ministre a estimé jeudi 10 octobre sur la chaîne suisse RTS qu'Emmanuel Macron était un "petit joueur" et que la crise des "gilets jaunes" n'avait après tout pas tant mobilisé.

François Fillon revient sur le devant de la scène et sort de son silence.

Surtout comparé aux manifestations contre sa réforme des retraites en 2003.

"Si on réfléchit bien, c'est pas grand-chose cette affaire de Gilets jaunes". Questionné sur le président français Emmanuel Macron et sa capacité à incarner un sursaut européen, François Fillon répond: "Pourquoi pas?"

Cette Europe qui est vieille, un peu fatiguée, qui ne croit plus en grand-chose (.) est-ce que ce mouvement est historique, profond? "Il y a eu au maximum des manifestations 150 000 à 180 000 personnes dans toute la France" - un chiffre en deçà des 287 710 décomptés par le ministère de l'Intérieur lors de la première mobilisation des Gilets jaunes, le samedi 17 novembre. Ou est-ce qu'un homme, une personnalité, pourra l'interrompre? Non pas pour rendre l'argent, ni pour revenir sur le Penelope Gate mais pour annoncer qu'il a fait définitivement une croix sur la politique, qu'il est désormais épanoui dans sa nouvelle vie et qu'Emmanuel Macron est, à ses yeux, un "petit joueur", rapporte L'Obs. "Si cette crise a déstabilisé un gouvernement légitime venant d'être mis en place, ce n'est pas bon signe", a-t-il jugé. "Honnêtement je ne sais pas", a-t-il ajouté. "(.) Quand je cours sur un circuit automobile, je regarde toujours devant", assure François Fillon, qui dit n'avoir "aucune nostalgie" pour le milieu. "Il y a des comportements humains qu'on ne peut pas complètement pardonner " mais " je tourne la page", a-t-il ajouté. Il déplore que "depuis 20 ans, des batailles uniquement personnelles et d'ego et pas des débats idéologiques aient animé la droite française", estimant que "la droite française s'est suicidée".

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