Hongkong: comparution des premiers manifestants ayant bravé la loi anti-masque

Claudine Rigal
Octobre 8, 2019

"L'année dernière, lorsque le mouvement des gilets jaunes touchait toute la France, nombre de villes ont vu des manifestants masqués manifester et casser; le gouvernement Macron a cette année fait voter la loi anti-casseurs qui interdit les masques, le niveau des affrontements a baissé mais le mouvement anti-gouvernemental n'est toujours pas apaisé".

L'homme le plus riche de la ville va faire un don de 128 millions de dollars aux entreprises de l'ex-colonie britannique secouée par une vague de manifestions sans précédent, a annoncé vendredi sa fondation. "Je pense que l'une des conditions de mise en oeuvre de l'interdiction d'internet serait de ne pas affecter les entreprises de Hong Kong", a tempéré ce membre du conseil exécutif, qui est l'organe consultatif de la cheffe de l'exécutif Carrie Lam.

Elle a précisé que cette interdiction, qui devait entrer en vigueur à minuit et prévoit jusqu'à un an de prison pour les contrevenants, ne signifiait pas que l'état d'urgence avait été décrété dans ce territoire semi-autonome. Certaines stations et boutiques n'ont pas rouvert lundi, jour férié à Hong Kong. "Mais elle pourrait aussi avoir l'effet inverse et pousser davantage de monde à manifester contre le sentiment d'un abus d'autorité", a-t-il dit. Des centaines de manifestants hongkongais bravent l'interdiction des autorités en défilant avec un masque sur le visage, samedi 5 octobre. La deuxième de l'autre côté de la baie, sur la presqu'île de Kowloon.

La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et de nouvelles échauffourées ont opposé des policiers à des manifestants qui tentaient d'ériger des barricades de fortune.

"Les jeunes risquent leur vie, cela leur est égal d'être emprisonnés pour dix ans, donc ce n'est pas le fait de porter un masque qui leur posera problème", a prévenu vendredi après-midi un employé de 34 ans, le visage couvert par un masque chirurgical.

La loi de 1922 autorise l'exécutif à prendre " n'importe quelle mesure ", sans le feu vert du corps législatif, dans l'éventualité d'une situation d'urgence ou d'un danger pour la population.

Pendant les émeutes de 1967 - un mouvement social qui dégénéra pendant sept mois en batailles de rue entre forces de l'ordre et militants gauchistes - la Grande-Bretagne utilisa ce texte loi pour élargir les pouvoirs d'arrestation de la police mais aussi pour censurer très largement les médias. La majorité politique juge ces mesures d'urgence nécessaires face à une frange radicale de plus en plus violente.

Alors que les métros n'avaient pas circulé samedi, MTR a indiqué que 45 stations étaient ouvertes dimanche, mais que 48 resteraient fermées dans les quartiers particulièrement affectés par la contestation, notamment le centre.

Hong Kong a connu mardi sa journée la plus violente depuis juin. Pour la première fois, un policier a tiré à balle réelle sur un étudiant de 18 ans, le blessant grièvement.

Au moment où la Haute cour de Hong Kong déboutait dimanche les élus de l'opposition de leur recours contre la décision du gouvernement, deux nouvelles manifestations non autorisées ont eu lieu sous une pluie battante. Quatre mois de manifestations ont secoué l'économie hongkongaise déjà fragilisée par la guerre commerciale entre Washington et Pékin.

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