Johnson a prévenu Macron qu'il n'y aurait pas de report — Brexit

Claudine Rigal
Octobre 7, 2019

Londres et Bruxelles se sont mutuellement exhortées au "compromis" avant le début de négociations sur le Brexit lundi, le gouvernement britannique laissant entendre qu'il pourrait assouplir sa position sur les points "problématiques" du plan de Boris Johnson.

Boris Johnson va poursuivre haut et fort sa stratégie d'opposition à un report "afin que les électeurs partisans d'un divorce sachent qu'il le fait contre sa volonté et les dirigeants européens accorderont cette prolongation malgré les grognements sur sa durée et ses conditions", estimé lundi le centre de réflexion Eurasia.

Le projet de M. Johnson vise à mettre fin au casse-tête de la frontière irlandaise, en évitant le retour de contrôles après le Brexit entre la république d'Irlande, membre de l'UE, et la province britannique d'Irlande du Nord, qui quittera l'UE comme le reste du Royaume-Uni.

"Ce dimanche, Steve Barclay, ministre du Brexit, a, lui, exprimé le souhait d'" entrer dans des négociations intensives pour clarifier l'accord ".

Dans une lettre publiée par le Sunday Express et le Sun on Sunday, deux journaux pro Brexit, Boris Johnson affirme par ailleurs avoir fait des "compromis" et appelle l'UE à faire de même. Rejoignez nous à la table des négociations dans un esprit de compromis et de coopération. En tout cas s'il n'y a pas de troisième report, mais le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a répété dimanche qu'il n'y en aurait plus. Le négociateur en chef du Brexit pour l'UE Michel Barnier a déclaré au Monde qu'"un accord était "très difficile" mais restait "possible". Si Londres ne "revient pas avec de nouvelles propositions sur deux problèmes graves que nous leur avons signalés, je ne vois pas comment nous pourrions avancer", a averti samedi 5 octobre M. Barnier.

"Quant au 2 problème - la complexité des propositions britanniques pour éviter le rétablissement d'une frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord -, " nous pouvons, bien sûr, entrer dans les détails de leur fonctionnement opérationnel ", a-t-il affirmé, exhortant l'UE à faire preuve de " flexibilité " et " créativité ".

Mais M. Johnson a promis un Brexit à cette date coûte que coûte, en dépit d'une loi récemment adoptée par les députés britanniques le contraignant à demander un report faute d'accord, afin d'éviter un " no deal " aux conséquences économiques et sociales potentiellement désastreuses. Le locataire du 10, Downing Street cherche apparemment à taire les critiques de ses opposants en vue de mener une nouvelle campagne auprès de l'Union européenne pour concrétiser le Brexit.

Dans des commentaires rapportés par le journal The Observer, il a réitéré l'affirmation de l'UE selon laquelle un résultat sans accord ne serait "jamais le choix de l'Europe. ce serait toujours le choix du Royaume-Uni, pas le nôtre".

Le ministre britannique chargé du Brexit s'est montré ouvert dimanche aux discussions sur la question sensible des arrangements nord-irlandais prévus dans le plan de Brexit de Boris Johnson, tout en appelant l'Union européenne à se montrer "flexible".

Autre carte qu'il pourrait jouer: le véto d'un pays de l'UE à la demande de délai. Le Telegraph a évoqué samedi la possibilité que la Hongrie de Viktor Orban vienne au secours de M. Johnson.

"Les dirigeants de l'UE " ne doivent pas être sous l'influence d'illusions ou de malentendus", a ajouté Boris Johnson".

"Jusqu'à présent, il n'y a pas de demande de report, aussi n'y a-t-il pas matière à spéculations", a déclaré une source au ministère hongrois des Affaires étrangères.

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