La mystérieuse pollution au pétrole qui souille les plages — Brésil

Claudine Rigal
Octobre 12, 2019

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, a déclaré lundi 7 octobre que la pollution aux hydrocarbures survenue récemment sur quelque 125 plages du nord-est du pays pourrait résulter d'activités criminelles ou d'un naufrage.

Cette pollution, constatée depuis début septembre sur des plages de huit Etats brésiliens, a déjà causé la mort de tortues marines. Au moins 2 000 km de côtes, soit plus de 130 plages, ont été souillés. Selon Maria Christina Araujo, océanographe à l'Université fédérale de Rio Grande do Norte (UFRN), au départ, les experts pensaient qu'il s'agissait "d'une vidange illégale en haute mer, mais au vu de la quantité de pétrole, cette possibilité est pratiquement écartée. Une seule chose est sûre: ce pétrole n'est pas d'origine brésilienne", insiste la scientifique. La compagnie pétrolière publique Petrobras, qui a pris part aux opérations de nettoyage, l'a assuré dès la semaine dernière: "Ce pétrole n'est ni produit ni commercialisé par l'entreprise". Il est possible d'identifier l'origine du pétrole produit dans tout endroit au monde par le biais d'analyses chimiques.

À présent, des images satellitaires sont en train d'être analysées pour tenter d'identifier des nappes de pétrole. "Cela semble être criminel, ce pétrole pourrait avoir été déversé en mer", a-t-il ensuite affirmé mardi.

"C'est une situation extrêmement compliquée, précisément en raison de l'ampleur des zones touchées".

"C'est un processus très long et coûteux, qui va demander un investissement non seulement financier, mais en personnel et en logistique". Il faut avant tout retirer les galettes qui se trouvent sur les plages. "L'écosystème du littoral du nord-est du Brésil est très fragile, avec de la mangrove, des calanques rocheuses et des récifs coralliens". Les dégâts pourraient être irréparables et les écosystèmes mettre des années à s'en remettre.

Déjà critiqué pour son manque d'empressement à lutter contre les incendies en Amazonie, le gouvernement brésilien est de nouveau accusé d'avoir mis du temps à réagir.

Le secrétariat à l'Environnement du Sergipe, un des États touchés, a diffusé des photos sur lesquelles on peut voir un baril rouge et jaune échoué sur le sable, au-dessus d'une grande tache noire.

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