La Turquie lance une offensive dans le Nord-Est syrien

Claudine Rigal
Octobre 10, 2019

Les autorités semi-autonomes kurdes en Syrie ont appelé mercredi à "une mobilisation générale pendant trois jours" pour faire face aux menaces d'une offensive de la Turquie voisine, exhortant les habitants du nord-est à la "résistance".

Faisant fi des pressions internationales, la Turquie a lancé mercredi une offensive contre les territoires situés à l'est de l'Euphrate des YPG, une milice kurde soutenue par les pays occidentaux contre les jihadistes du groupe Etat islamique mais bête noire d'Ankara.

Dès mardi soir, les Forces démocratiques syriennes (FDS), emmenées par des combattants kurdes, affirmaient sur Twitter que l'attaque avait démarré: "L'armée turque bombarde l'une de nos positions ".

La Russie et la Turquie, qui soutiennent des camps opposés dans le conflit syrien, ont renforcé leur coopération ces dernières années, en particulier dans le nord-ouest de la Syrie. L'armée turque avait dépêché dès le lendemain des renforts, notamment des chars, à sa frontière avec la Syrie, et de nouveaux véhicules blindés y ont été massés mardi.

Les Etats-Unis ont semblé hésiter après l'annonce par la Maison Blanche, dimanche soir dans la foulée d'un entretien téléphonique entre M. Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, que les militaires américains stationnés dans la zone seraient retirés en vue d'une opération turque. Un avertissement qu'il avait déjà prononcé en janvier dernier, après l'annonce du retrait des troupes américaines de Syrie.

"Au gouvernement turc: vous n'avez PAS le feu vert pour entrer dans le nord de la Syrie ", a écrit sur Twitter le sénateur républicain Lindsey Graham, évoquant une "ligne rouge à ne pas franchir ".

La Turquie envisage dans un premier temps de prendre le contrôle d'une bande de territoire à la frontière longue de 120 kilomètres et profonde d'une trentaine de kilomètres allant des villes de Tal Abyad à Ras al-Aïn, selon le journal.

Le président syrien Bachar Al-Assad s'est engagé pour sa part à " contrecarrer toute agression " de la Turquie, se disant prêt à " accueillir dans son giron " la minorité kurde. " C'est l'idée la plus folle que j'aie jamais entendue ", a affirmé un haut responsable américain au sujet de ce projet turc d'y installer des millions des réfugiés.

" Nous allons préserver l'intégrité territoriale de la Syrie et libérer les communautés locales des terroristes ", a déclaré le président Erdogan peu après le début de ce qu'il appelle " l'Opération Paix Printemps ".

La décision de M. Trump de se retirer de la Syrie a été largement condamnée aux États-Unis et dans le monde entier, car elle est largement perçue comme un abandon des combattants kurdes syriens, seuls alliés des États-Unis en Syrie pour lutter contre l'EI. Mais la Turquie considère ces unités comme des " terroristes " en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une guérilla dans le pays.

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