Le Nobel de chimie récompense le développement de la batterie au lithium

Claudine Rigal
Octobre 9, 2019

Le Japonais Akira Yoshino introduit alors de la coke de pétrole pour remplacer une partie du métal.

Quelques années plus tard, John Goodenough prédit que le potentiel de cette batterie lithium pourrait être plus grand à condition de changer l'un des matériaux.

Le prix Nobel de chimie a récompensé ce mercredi l'Américain John Goodenough, le Britannique Stanley Whittingham et le Japonais Akira Yoshino pour l'invention des batteries au lithium. La batterie devient surtout plus légère et résistante, pouvant être chargée des centaines de fois avant que ses performances ne se détériorent, notamment parce que ces batteries lithium-ion ne fonctionnent pas grâce à des réactions chimiques, qui décomposent à terme leur efficacité.

"Les batteries lithium-ion ont révolutionné nos vies et sont utilisées partout: des téléphones mobiles aux ordinateurs portables sans oublier les voitures électriques", ont déclaré les membres de l'académie Nobel.

"Elle peut stocker des quantités significatives d'énergie solaire et éolienne, ouvrant la voie à une société libérée des énergies fossiles", a-t-elle ajouté.

Dans le sillage des crises pétrolières des années 1970, Stanley Whittingham, rattaché à l'université de New York, s'est mis en quête de sources d'énergie non-fossiles. A partir de ces découvertes, Akira Yoshino, 71 ans, créée la première batterie commerciale, en 1985. Le premier est le père de la batterie lithium-ion, aujourd'hui utilisée dans les téléphones, ordinateurs portables et véhicules électriques.

À 97 ans, le natif allemand John B. Goodenough est le lauréat le plus âgé des Nobel de chimie. En 1980, il parvient à démontrer que l'usage d'oxyde de cobalt - à la place d'un sulfure métallique - permet de doubler leur puissance: de 2 à 4 volts. "Elles", ce sont les batteries au lithium-ion - simplifié en "li-ion", des accumulateurs qui sont au cœur de tout appareil électronique ou presque. On estime notamment que la production d'une tonne de lithium nécessite deux milliards de litres d'eau...

Avant Frances Arnold, Marie Curie (1911), sa fille Irène Joliot-Curie (1935), Dorothy Crowfoot Hodgkin (1964) et Ada Yonath (2009) avaient été distinguées en chimie. Il a été lauréat du prix de l'inventeur 2019, catégorie hors Europe, décerné par l'Office européen des Brevets.

Le prix de physique est allé mardi au Canado-Américain James Peebles, qui a mis ses pas dans ceux d'Einstein pour éclairer les origines de l'univers, et les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz qui, les premiers, ont révélé l'existence d'une planète en dehors du système solaire.

Les lauréats reçoivent un chèque de 9 millions de couronnes (830.000 euros), à se partager le cas échéant entre récipiendaires d'un même prix, ainsi qu'une médaille et un diplôme.

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