Le prix Nobel de Médecine attribué à la recherche sur le cancer

Evrard Martin
Octobre 11, 2019

Chacun de leur côté, les deux scientifiques se sont évertués à "lâcher les freins" et "appuyer sur les bonnes pédales d'accélération" du système immunitaire, a précisé le jury Nobel.

Parallèlement, en 1992, Tasuku Honjo et ses collègues découvrirent une autre protéine ancrée dans la membrane des lymphocytes T, la protéine PD-1, elle aussi jouant un rôle d'inhibiteur de la réaction immunitaire, mais via un autre mécanisme: lorsqu'elle est liée à certaines molécules, cette protéine conduit les cellules qui la portent à s'autodétruire - un mécanisme qui évite que le système immunitaire ne s'en prenne aux tissus sains de l'organisme.

Lors d'un cancer, les cellules du système immunitaire ne parviennent pas à le protéger des agressions. Cette percée fondamentale a eu des applications réelles, permettant de mettre au point une nouvelle classe de traitements qui se sont avérés efficaces contre notamment le mélanome, cancer très agressif de la peau. Tous deux avaient déjà reçu de nombreux prix pour ces recherches démarrées dans les années 1980. "Je suis honoré de recevoir cette reconnaissance prestigieuse", a-t-il réagi sur son site internet". Les travaux de James Allison, du centre MD Anderson de l'université du Texas et Tasuku Honjo, de l'université de Kyoto, apportent ainsi une quatrième approche, en stimulant le système immunitaire. Tandis qu'Allison étudiait une protéine agissant comme un frein et développait un traitement capable de le "relâcher", Honjo découvrait l'existence d'une autre protéine présente sur nos cellules immunitaires et dotée d'une fonction analogue.

Le Nobel de médecine était allé l'an dernier à trois généticiens américains dont l'étude de l'horloge biologique éclaire les troubles du sommeil et leurs effets sur la santé. Le prix Nobel de physique sera décerné demain, puis sera suivi de la chimie mercredi et l'économie le 8 octobre.

Le Nobel de médecine est le premier des prix Nobel décernés chaque année. Jean-Claude Arnault, 72 ans, a été reconnu coupable d'un viol commis à Stockholm en 2011 mais révélé six ans plus tard, en novembre 2017, en pleine tempête #MeToo. Entre-temps à Oslo, le 5, sera dévoilé le lauréat du Nobel de la paix.

Depuis, les 18 académiciens se déchirent sur la façon de gérer la crise. Les deux chercheurs se partageront la somme de neuf millions de couronnes suédoises (environ 870 000 euros).

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL