Les eurodéputés sceptiques — Goulard

Claudine Rigal
Octobre 10, 2019

Mais le contexte autour de la nouvelle Commission de l'Allemande Ursula von der Leyen, censée entrer en fonction le 1er novembre, pourrait compliquer cet examen de passage: deux commissaires ont été retoqués lundi par les élus européens, pour des conflits d'intérêt présumés.

"Je n'ai pas été mise en examen, mais j'ai estimé alors pour une raison, avoir la responsabilité des armées françaises (.) que je ne pouvais pas faire courir ce risque", a-t-elle ajouté.

Les élus européens, dont le feu vert est indispensable à chaque commissaire, n'ont pas été convaincus par ses explications sur les deux enquêtes dont elle fait l'objet - l'une de la justice française, l'autre de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf)- dans l'affaire des emplois présumés fictifs des assistants des eurodéputés du parti Modem.

À l'issue de son audition, l'ensemble des groupes politiques du Parlement européen -à l'exception du sien, les Libéraux de Renew- ont décidé de lui poser de nouvelles questions par écrit, étape préalable à une éventuelle seconde audition.

Mais la Française n'est pas parvenue à convaincre les eurodéputés, qui lui ont réclamé des clarifications supplémentaires.

Cette affaire avait conduit Mme Goulard à quitter son poste de ministre des Armées en juin 2017, un mois seulement après sa nomination.

D'autres ont dit "ne pas comprendre" comment elle pouvait prétendre être commissaire après avoir démissionné pour les mêmes raisons du gouvernement. "Un usage existe en France, depuis les années 1990, selon lequel tout ministre, à partir du moment où il serait mis en examen, devrait démissionner", a-t-elle expliqué, ajoutant que "dans les institutions européennes, un tel usage n'existe pas".

"Je respecterai, si elle advient, la décision de justice", a-t-elle affirmé.

"Je n'ai rien reconnu" avec ce remboursement, a-t-elle assuré, expliquant qu'"il y avait eu des problèmes au moment de (la) démission" de ce collaborateur.

Auditionnée par les eurodéputés, elle n'a pas été épargnée sur les questions concernant l'affaire des emplois fictifs du MoDem et son poste de consultante d'un think tank américain.

"Tout était légal", a-t-elle souligné.

"On demande un comportement exemplaire ou au-dessus de la moyenne pour un commissaire européen et là, c'est très clair qu'elle n'y est pas", a commenté l'eurodéputé belge Marc Botenga, membre de la Gauche unitaire européenne (GUE). "On peut considérer que c'est opportun ou pas [.] Simplement je crois que dans un Etat de droit, on ne peut pas jeter la suspicion" a-t-elle poursuivi. Les députés lui demandent aussi de clarifier ses relations avec l'Institut Berggruen, affirmant que son fondateur a "des liens financiers forts avec des zones économiques en concurrence" avec l'Union européenne, comme la Chine ou la Californie.

Selon cet organisme, fondé par le milliardaire germano-américain Nicolas Berggruen -qualifié jadis de financier "vautour" par le magazine Forbes- elle a préparé "des documents d'information", passé des "coups de fil" et aidé à préparer diverses réunions publiques. "Elle parle plusieurs langues et dispose d'un solide réseau de personnes qui pouvaient être utiles", a expliqué Dawn Nakagawa, vice-présidente de l'institut Berggruen".

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