Les troupes américaines vont se retirer des abords de la frontière — Syrie

Claudine Rigal
Octobre 7, 2019

Les Etats-Unis ont annoncé dimanche soir que la Turquie mènerait "bientôt" une incursion militaire dans le nord de la Syrie et que leurs troupes stationnées dans le pays quitteraient le voisinage immédiat de cette opération.

Ces mouvements militaires confirment la récente annonce par Recep Tayyip Erdogan d'une intervention turque imminente dans le nord de la Syrie.

"La Turquie va bientôt mettre en oeuvre son opération prévue de longue date dans le nord de la Syrie", a dit la porte-parole de Maison Blanche Stephanie Grisham dans un communiqué.

Un char américain lors d'une manifestation de Kurdes syriens contre les menaces turques, le 6 octobre 2019.

Elles risquent de "remettre en cause le succès obtenu contre l'EI", de faire de la Syrie "une zone de conflit permanent" et d'entraîner un "retour des chefs de l'EI", a-t-elle mis en garde. "La Turquie envoie neuf camions chargés de véhicules militaires et un bus transportant des renforts à la frontière syrienne quelques heures après que le président Erdogan a annoncé que son armée était prête à entamer des opérations contre les terroristes du groupe YPG [la branche armée du Parti de l'union démocratique (PYD) syrien, jusqu'alors soutenue par les Etats-Unis]", commentait par exemple la chaîne d'information turque TRT World. "Nous n'avons d'autre choix que de poursuivre sur notre propre voie", avait en effet déclaré le président turc le 1er octobre, attendant que Washington s'implique dans la création d'une zone de sécurité dans la région.

Recep Tayyip Erdogan a réitéré samedi sa menace de lancer une opération " sur terre et dans les airs " en Syrie contre les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG). M. Ergodan avait affirmé mardi que la Turquie arrivait à bout de patience envers les États-Unis au sujet de la création d'une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie, prévue aux termes d'un accord conclu en août entre Washington et Ankara.

C'est M. Trump qui a invité M. Erdogan à Washington, a-t-elle précisé. Dans son communiqué, la Maison-Blanche évoque également la possibilité de confier à la Turquie la responsabilité des combattants européens de l'EI actuellement détenus par une coalition arabo-kurde dont l'YPG est le fer de lance. "La Turquie va maintenant être responsable pour tous les combattants de l'EI dans la zone, capturés dans les deux dernières années", a-t-elle ajouté. La France, l'un des principaux pays concernés, estime qu'ils doivent aussi y être jugés.

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