Merkel avertit Johnson qu'un accord est très "improbable" — Brexit

Claudine Rigal
Octobre 9, 2019

Alors, Boris Johnson s'attache donc à tenter de convaincre les dirigeants européens: outre Emmanuel Macron, il s'est entretenu ce week-end avec ses homologues finlandais, néerlandais et portugais, et poursuivra ses discussions, tandis que son ministre du Brexit continuera de sillonner les capitales européennes jusqu'à mardi. Sans attendre cette échéance, les deux parties ne cachent pas leur pessimisme, semblant préparer les esprits à une sortie sans accord, voire au report voulu par le Parlement britannique.

La chancelière allemande Angela Merkel a averti mardi le Premier ministre britannique Boris Johnson qu'un accord sur le Brexit s'annonçait " extrêmement improbable " faute de nouvelles propositions de Londres sur l'Irlande, a indiqué une source à Downing Street.

Johnson, qui a succédé en juillet dernier à Theresa May à la tête du Parti conservateur et du gouvernement britannique, entend sortir de l'Union européenne au 31 octobre, avec ou sans accord. Il s'agit d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre les deux Irlande et de préserver la paix sur l'île, après plusieurs décennies de violences. Ce que Londres refuse, son plan prévoyant un alignement réglementaire, mais pas douanier, avec la république d'Irlande, membre de l'UE.

"Sur Twitter, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, a accusé Boris Johnson de jouer avec " l'avenir de l'Europe et du Royaume-Uni " en se prêtant à un " stupide jeu de reproches " sur les responsabilités d'un échec des négociations".

Selon le Sunday Times, Jennifer Arcuri aurait également reçu 15 000 livres sterling (25 000 $ CAD) de fonds gouvernementaux en 2014 dans le cadre d'un programme destiné à encourager les entrepreneurs étrangers à monter des sociétés au Royaume-Uni et réussi à décrocher 100 000 livres sterling (184 000 $ CAD) cette année de fonds destinés aux entreprises britanniques, alors qu'elle s'est réimplantée aux États-Unis. L'UE refuse le droit de veto que Londres souhaite accorder à l'assemblée et à l'exécutif nord-irlandais, et rejette les propositions du plan pour les contrôles douaniers entre les deux Irlande.

Cet échange Johnson-Merkel a eu lieu alors que de difficiles négociations se tiennent à Bruxelles pour éviter un "no deal" le 31 octobre, sur la base d'un projet présenté mercredi dernier par le dirigeant britannique. Un nouveau texte "clarifié" a été soumis aux Européens, mais "il ne répond pas à leurs demandes", ont indiqué des sources européennes. "A ce rythme-là, on voit mal comment on pourrait être prêt "pour le sommet européen des 17 et 18 octobre, a dit une autre source".

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a redit dimanche lors d'une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron qu'il n'y aurait plus de report du Brexit, fixé au 31 octobre. Selon une source de Downing Street citée par le magazine The Spectator, le chef du gouvernement britannique table sur un échec des négociations avec l'UE et fera " toutes sortes de choses " pour éviter un délai. Mais le centre de réflexion Institute for Fiscal Studies (IFS) en a dressé un scénario noir, avec un plongeon de l'activité économique et une explosion du déficit public du Royaume-Uni.

Si un délai était accordé, Boris Johnson ferait campagne pour un "no deal" en cas d'élections législatives anticipées, afin de "marginaliser" l'europhobe Parti du Brexit, a prévenu la source dans "The Spectator".

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