Trump dit au Congrès qu’il ne coopérera pas avec l’enquête de destitution

Claudine Rigal
Octobre 10, 2019

Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi qu'il prendrait part à l'enquête en vue d'une procédure de destitution actuellement menée par les démocrates du Congrès, "si les règles sont justes".

Pour autant, "rien dans la Constitution ne donne explicitement au Congrès le pouvoir de mener des enquêtes sur le pouvoir exécutif, rien ne donne non plus droit au président de se soustraire à des enquêtes", détaille Jean-Eric Branaa, maître de conférence à l'Université Paris II et auteur du livre Joe Biden, le troisième mandat de Barack Obama chez VA Press.

Les démocrates veulent déterminer dans quelle mesure le président américain a fait pression sur son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'un échange téléphonique afin qu'il cherche des informations compromettantes sur son rival Joe Biden.

Les démocrates espéraient que M. Sondland serait un témoin vedette et permettrait de savoir si le président avait utilisé un programme d'aide militaire de 391 millions de dollars comme levier pour amener l'Ukraine à enquêter sur les Bidens.

Une affirmation "prouvée comme étant complètement fausse", dénonce l'équipe de campagne de Joe Biden dans un courrier adressé à Facebook, et consulté par l'AFP, alors que l'affaire ukrainienne est au coeur de la procédure de destitution menaçant Donald Trump.

La réponse de M. Trump fait suite à la publication d'une lettre de la Maison Blanche mardi informant les démocrates d'une position peu coopérative de l'administration par rapport à leurs efforts pour destituer le président de ses fonctions.

Trump a, à plusieurs reprises, nié tout acte répréhensible dans ses relations avec le président ukrainien, soulignant que son seul objectif était de "s'informer sur la corruption". "Maintenant, ils doivent s'excuser auprès de moi et mettre fin à cette accusation ridicule", a-t-il tweeté mercredi, faisant référence à une lecture à la Maison Blanche de l'appel de juillet.

La bataille devrait rapidement passer sur le terrain juridique. Empêcher le Congrès d'avancer dans son enquête pourrait constituer une entrave à la justice, argumentent les démocrates, qui rappellent que cela a d'ailleurs été l'un des trois motifs de destitution retenus à l'encontre du président Richard Nixon en 1974, avant sa démission.

"Tôt ce matin, le département d'État américain a demandé à l'ambassadeur Gordon Sondland de ne pas se présenter aujourd'hui" à la déposition prévue à la Chambre des représentants, a indiqué son avocat Robert Luskin.

Pour l'heure, Donald Trump accentue ses attaques contre le lanceur d'alerte - dont l'identité est tenue secrète - dans l'espoir de le décrédibiliser.

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